À l’Assemblée nationale, les débats sur les candidatures à la présidence des commissions se poursuivent. À l’ouverture de la séance, le président de l’Assemblée nationale, Ruben Rubinyan, est revenu sur l’incident de la veille, exigeant une réaction et des excuses de la part d’« Arménie forte ».
Rubinyan s’est directement adressé à Edgar Ghazaryan, lui demandant s’il avait quelque chose à dire. Le député d’opposition a répondu que la question ne nécessitait pas d’être discutée sous cette forme. Le président de l’Assemblée s’est ensuite tourné vers Narek Karapetyan, chef du groupe parlementaire « Arménie forte », pour lui poser la même question. Karapetyan a répondu par la négative, ce à quoi Rubinyan a répliqué : « C’est vous qui avez choisi cette voie. »
Après l’incident de la veille, Ghazaryan a également changé de place dans l’hémicycle. Depuis le début des travaux du nouveau Parlement, il siégeait à proximité des députés du « Contrat civil » (KP). Aujourd’hui, il s’est installé au dernier rang, plus près des députés du groupe d’opposition « Hayastan » (« Arménie »).
Hier, Narek Karapetyan avait annoncé que son groupe se réunirait afin d’examiner la situation créée autour d’Edgar Ghazaryan et de décider des mesures à prendre. Pour l’heure, « Arménie forte » n’a pas fait connaître sa décision.
La situation au Parlement s’était tendue le 13 août après l’intervention d’Edgar Ghazaryan. Critiquant vivement le pouvoir, il avait accusé le « Contrat civil » d’« exploiter de manière crapuleuse la vie des soldats ».
Le vice-président de l’Assemblée nationale issu du Contrat civil, Hayk Konjoryan, avait alors averti Ghazaryan que, si un tel comportement se reproduisait, il serait « jeté dehors » du bâtiment de l’Assemblée nationale. Une altercation avait ensuite éclaté à l’extérieur de l’hémicycle entre députés du pouvoir et de l’opposition, avant de dégénérer en bousculade.
Ghazaryan avait refusé hier de commenter les événements et n’avait pas davantage répondu lorsqu’on lui avait demandé s’il comptait présenter ses excuses.
Ghazaryan n’a pas l’intention d’abandonner son mandat
Pendant la pause, Edgar Ghazaryan a répondu à quelques questions de journalistes. Interrogé pour savoir s’il en voulait à son groupe parlementaire de ne pas l’avoir soutenu après l’incident de la veille, le député d’opposition a rétorqué : « Comment ça, ils ne m’ont pas défendu ? Ils m’ont défendu de toutes les manières possibles. »
Ghazaryan n’a pas non plus l’intention de renoncer à son mandat. Lorsque les journalistes lui ont demandé s’il envisageait de le faire, il a brièvement répondu : « Pourquoi ? »
Il a également été interrogé sur son changement de place dans l’hémicycle. À la question de savoir s’il s’agissait de sa propre décision ou de celle de son groupe, Ghazaryan a répondu qu’il s’agissait d’« une question technique ».
Au sein d’« Arménie forte », les discussions autour de l’incident de la veille se poursuivent néanmoins. Pendant la pause, les députés du groupe se sont réunis dans leur salle afin d’en discuter.
Le chef du groupe, Narek Karapetyan, avait auparavant déclaré aux journalistes : « Les prises de parole sont encore à venir, la journée sera intéressante. »
Aram Vardevanyan, également membre d’« Arménie forte », a pour sa part présenté ses excuses au public « contraint d’assister à une situation qui, sur le fond, n’apporte aucune valeur supplémentaire ».
« Nous voyons un acte ou une action, auquel on répond par une réaction deux fois plus forte, voire davantage. Je vois chez certains députés un tel sentiment de haine… Il faudrait agir pour réduire la haine à l’intérieur de la République d’Arménie », a déclaré Vardevanyan, avant d’ajouter : « Selon votre propre appréciation, vous répondez à une faute par une autre faute. »
Rubinyan qualifie Edgar Ghazaryan de « crapule »
Avant la pause, le député du Contrat civil Vilen Gabrielyan est revenu, dans son intervention, sur l’incident impliquant Edgar Ghazaryan la veille, utilisant lui aussi le terme « crapuleusement ».
Après son discours, le président de l’Assemblée nationale, Ruben Rubinyan, est revenu sur le sujet. Il a contesté l’idée avancée par Gabrielyan selon laquelle « Arménie forte » ou Ghazaryan auraient pu tirer des dividendes politiques en présentant des excuses.
Selon Rubinyan, les forces d’opposition radicalisent leurs propres électeurs, au point de ne plus pouvoir ensuite faire marche arrière et présenter leurs excuses. Le président de l’Assemblée nationale a lui-même employé une expression insultante à l’adresse de Ghazaryan, déclarant : « Une crapule a dit : “crapule”. »
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