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Le ministre de la defense de l’Artsakh met lui aussi en garde Bakou

Quelques jours après le ministre de la défense d’Arménie David Tonoyan, le ministre de la défense et commandant en chef des forces armées de la République d’Artsakh, le Lieutenant-Général Levon Mnatsakanyan a à son tour adressé une claire mise en garde à l’Azerbaïdjan, affirmant que l’armée de défense du Karabagh était en mesure de “paralyser l’économie de l’Azerbaïdjan” en le frappant de ses missiles, si l’armée de Bakou s’avisait de lancer des offensives contre l’Artsakh. Le responsable de la défense de l’Artsakh, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse mardi 24 juillet, a toutefois précisé qu’une telle attaque des forces armées de l’Artsakh n’était pas à l’ordre du jour, tout en ajoutant que désigner des cibles vitales pour l’économie de la partie adverse faisait partie des règles du jeu militaire. “Cela fait partie de nos plans tactiques”, a indiqué L. Mnatsakanyan en ajoutant : “L’art de la guerre en appelle à des attaques sur de telles infrastructures, en plus des cibles militaires, en vue de provoquer des dommages à l’économie [de l’ennemi] et de perturber la chaîne d’approvisionnement de ses soldats”.
L. Mnatsakanyan a fait cette mise au point en réponse à la question d’un journaliste concernant l’éventualité d’une attaque visant une grosse centrale hydroélectrique près de la ville azerbaïdjanaise de Mingachevi. Un récent accident sur ce site avait provoqué des coupures massives d’électricité dans tout l’Azerbaïdjan. Le ministre de la défense a souligné que les forces armées de l’Artsakh étaient équipées de telle sorte qu’elles pourraient lancer une contre offensive efficace, même si l’Azerbaïdjan s’est doté récemment de missiles tactiques achetés à Israël, ayant une portée de quelque 300 kilomètres, qui avaient été exhibés, entre autre nouveaux armements, lors du défilé militaire du 26 juin dernier à Bakou. “Nos forces armées disposent d’armes similaires”, a indiqué L.Mnatsakanyan, dans une allusion probable aux fameux missiles russes de type Iskander, dont les forces armées d’Arménie ont fait l’acquisition et qui avaient été exhibés lors du défilé militaire de Erevan, le 21 septembre 2016, à l’occasion du 25e anniversaire de l’indépendance de l’Arménie. Le chef des armées de l’Artsakh a souligné que la partie arménienne était en mesure de porter des coups plus précis et avait « à peu près le même » potentiel militaire que l’Azerbaïdjan.
De son côté, l’Azerbaïdjan avait fait savoir que son armée tenait tout le Karabagh et l’Arménie à portée de tir de ses missiles et qu’elle était en mesure de frapper elle aussi des cibles d’importance stratégique pour l’économie de son ennemi arménien, dont la centrale nucléaire de Medzamor, située à une trentaine de km à l’ouest de Erevan, qui fournit près de la moitié de l’électricité de l’Arménie. On ne peut toutefois imaginer que Bakou envisage séreieusement de s’en prendre à la centrale arménienne, au risque de provoquer une catastrophe nucléaire dont les conséquences seraient désastreuses pour l’Arménie comme pour toute la région, dont le Nakhitchevan voisin, et la Turquie. La Turquie qui a d’ailleurs fait savoir, à l’approche d’une rencontre annoncée entre les ministres des affaires étrangères d’Arménie et d’Azerbaïdjan, que sa position sur le conflit du Karabagh n’avait pas changé. Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a ainsi souligné lors d’une conférence de presse le 24 juillet que “la position de la Turquie sur la résolution du conflit du Karabagh reste inchangée : nous soutenons l’Azerbaïdjan“. Il a rappelé qu’il avait eu un entretien informel avec les nouveaux premier ministre et ministre des affaires étrangères d’ Arménie à Bruxelles, en marge du sommet de l’Otan au début du mois. “Zohrab Mnatsakanyan était ambassadeur de l’Arménie au Conseil de l’Europe quand j’étais moi-même le représentant de la Turquie dans cette organisation. Je me suis montré poli et l’ai félicité [pour sa nomination au poste de ministre des affaires étrangères]. En retour, il m’a présenté au premier ministre de l’Arménie, que j’ai aussi félicité. Mais ces rencontres et félicitations ne modifient en rien la position de la Turquie sur le Karabagh“, a répété M. Cavusoglu, qui n’a pas non plus commenté la proposition de N. Pachianian de relancer le dialogue entre la Turquie et l’Arménie.

Gari

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