L’Iran ne s’opposera pas à l’ouverture d’un corridor contrôlé par les États-Unis traversant l’Arménie si celui-ci respecte l’intégrité territoriale du pays et n’entraîne pas une présence sécuritaire américaine le long de la frontière arméno-iranienne, a déclaré mercredi 23 septembre l’ambassadeur de Téhéran à Erevan.
Khalil Shirgholami a fait remarquer que les dirigeants azerbaïdjanais continuaient de qualifier le projet de « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP) de « corridor de Zangezur » extraterritorial, qui relierait l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan et à la Turquie via le Syunik, seule région arménienne limitrophe de l’Iran.
« Les dirigeants azerbaïdjanais continuent de parler très ouvertement et directement du “corridor de Zangezur” », a déclaré M. Shirgholami, selon Civilnet.am, lors d’une conférence à Erevan. « Pour notre part, nous affirmons clairement que tout changement géopolitique ou toute atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de la République d’Arménie est inacceptable. C’est notre première condition pour la mise en œuvre du projet TRIPP. »
« Sur la base de ces deux conditions – à savoir que l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Arménie restent intactes et qu’il n’y ait aucune présence militaire ou de sécurité américaine à proximité des frontières –, nous n’avons aucune raison de nous opposer à ce projet, à condition qu’il contribue au développement et au bien-être du peuple arménien », a-t-il ajouté, selon News.am.
M. Shirgholami avait déclaré en juillet que le gouvernement arménien devait répondre aux préoccupations « tout à fait légitimes et logiques » de Téhéran concernant le projet TRIPP. Le diplomate avait appelé à la création d’un « mécanisme » permettant de gérer les « risques potentiels liés à la présence américaine et les menaces envers l’Iran » découlant de cet accord de transit. La campagne militaire menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique a mis en évidence ces risques perçus, avait-il précisé.
Le Premier ministre Nikol Pachinian a indiqué le lendemain qu’il ne se laissait pas intimider par les avertissements iraniens. S’exprimant mardi à New York, il a déclaré que le TRIPP « ouvrira une nouvelle ère pour notre pays et notre économie ».
L’accord sur le corridor de transit a été conclu lors d’un sommet arméno-azéri organisé par le président américain Donald Trump à Washington en août 2025. Depuis, M. Pachinian n’a cessé d’affirmer que la paix avait été rétablie entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Mercredi, M. Shirgholami s’est montré plus prudent à cet égard.
« Si l’Arménie et l’Azerbaïdjan veulent vraiment la paix, un véritable équilibre des forces entre eux est nécessaire », a déclaré l’envoyé iranien. « Sinon, la paix sera fragile. »
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