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La justice estime que le recours des prêtres défroqués ne relève pas de sa compétence

Les prêtres défroqués Stepan Assatrian et Aramais Takhmazian ont perdu leur bataille judiciaire. Ces ecclésiastiques, qui se sont associés à la campagne menée par Nikol Pachinian contre le Saint-Siège d’Etchmiadzine, cherchent à obtenir l’annulation des décisions du Catholicos les ayant privés de leur état sacerdotal, afin de pouvoir reprendre leur ministère.

Le juge a cependant estimé que ce différend ne relevait pas de la compétence des juridictions civiles, mais devait être réglé conformément aux règles internes de l’Église. Il a donc mis fin à la procédure.

« Je vais faire appel », a déclaré Stepan Assatrian à Radio Azatutyun. Contestant la décision du tribunal, il affirme vouloir poursuivre son combat devant les juridictions supérieures.

« Le tribunal aurait parfaitement pu examiner cette affaire, car nous n’avons pas affaire à un chef religieux, mais à un chef de parti politique », a-t-il soutenu.

Malgré cette décision de première instance, l’ancien prêtre, qui s’est joint aux appels à la démission du Catholicos Garéguine II, n’entend pas quitter l’église qu’il occupe.

Voilà exactement un an qu’il a été défroqué et privé du droit de monter à l’autel. Il continue néanmoins de célébrer des offices religieux, que le Saint-Siège d’Etchmiadzine qualifie de profanations.

Il y a quelques jours, le diocèse d’Aragatsotn a de nouveau saisi les autorités compétentes pour demander que « le monastère de Hovhannavank, occupé illégalement, soit restitué à l’Église apostolique arménienne ». Mais aucune mesure n’a été prise jusqu’à présent.

Le prêtre défroqué promet toutefois de quitter volontairement les lieux s’il perd ses recours devant toutes les instances judiciaires.

Aramais Takhmazian, lui aussi débouté par la justice, n’a pas davantage quitté l’église de la Sainte-Mère-de-Dieu de Talin depuis sa destitution.

Selon le Saint-Siège d’Etchmiadzine, il n’a plus le droit de célébrer des offices religieux. Pourtant, cet ancien prêtre, qui bénéficie du soutien des autorités, continue lui aussi de monter à l’autel.

Il conteste également la décision de première instance : « À mon avis, les juges de première instance se sont trompés. »

Après avoir analysé et confronté les dispositions de la Constitution arménienne, la législation nationale, le droit international et la jurisprudence, le tribunal a conclu que la réduction d’un ecclésiastique à l’état laïc relevait exclusivement des règles internes de l’Église apostolique arménienne.

La législation civile ne régit donc pas les procédures de destitution des membres du clergé.

C’est sur ce même fondement que l’ancien primat du diocèse de Masyatsotn, Gevorg Saroyan (dont le nom civil est Arman Saroyan), a lui aussi été débouté par la justice. Cet évêque défroqué poursuit également ses démarches pour retrouver son statut ecclésiastique et ses anciennes fonctions.

Le Saint-Siège d’Etchmiadzine a réagi à ces décisions en soulignant qu’elles confirmaient que la nomination et la révocation des primats diocésains et des membres du clergé relevaient des affaires internes de l’Église et de la compétence exclusive du Catholicos de tous les Arméniens.

« Cette décision constitue une étape importante vers le rétablissement de la justice et la défense du droit de l’Église à s’administrer elle-même. Nous espérons que cette même approche équitable prévaudra également dans les procédures pénales engagées contre d’autres membres du clergé », a déclaré le Saint-Siège.

Les procédures engagées par les ecclésiastiques défroqués contre l’Église avaient en réalité été closes il y a deux mois, mais les décisions n’ont été officiellement rendues publiques qu’au cours des deux derniers jours.

Pourquoi ces jugements n’ont-ils été accessibles au public que maintenant ?

Interrogée par Radio Azatutyun, la porte-parole du Conseil supérieur de la magistrature, Tsovinar Khatchatrian, a expliqué ce délai par la nature particulière de ces affaires.

Selon elle, il s’agit de procédures sans précédent dans le système judiciaire arménien. La charge de travail importante des magistrats ainsi que les périodes de congés figurent également parmi les raisons de cette publication tardive.

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