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La délimitation de la frontière doit se poursuivre du nord au sud, a déclaré le Premier ministre dans le Tavouch

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©armenews.com

La délimitation de la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan doit se poursuivre du nord jusqu’au sud du pays. C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui le Premier ministre Nikol Pachinian lors d’une visite dans les villages frontaliers de la région du Tavouch, sans toutefois fournir d’informations concrètes sur ce processus à l’arrêt depuis près de deux ans.

« Il existe deux approches. L’Arménie et l’Azerbaïdjan veulent-ils utiliser la délimitation pour se créer mutuellement de nouveaux problèmes ? Si tel est le cas, c’est une logique possible. Mais s’ils veulent résoudre les problèmes de manière à ce que cette question soit définitivement réglée pour les siècles à venir et que nous n’ayons plus jamais à y revenir, alors nous devons trouver des solutions mutuellement acceptables », a déclaré le Premier ministre.

Il y a deux ans, 12 kilomètres seulement de la frontière arméno-azerbaïdjanaise, longue d’environ 1 000 kilomètres, avaient été délimités. En Arménie, cette opération avait donné lieu à des manifestations, ainsi qu’à des affrontements entre les forces de l’ordre et des citoyens.

Le mouvement de protestation de l’opposition avait précisément débuté à Voskepar, dans le Tavouch. Aujourd’hui, Pachinian a demandé aux habitants venus assister à sa réunion électorale si les choses s’étaient finalement déroulées comme il l’avait annoncé et s’ils se sentaient désormais en sécurité. Plusieurs participants ont répondu par l’affirmative.

Au moment de la délimitation, les habitants de Voskepar s’étaient fortement mobilisés. Certains montraient leur cour, d’autres les terrains longeant la rivière ou encore l’église du village, craignant que ces zones ne passent sous contrôle azerbaïdjanais. Finalement, la ligne frontalière s’est arrêtée aux abords de Voskepar et l’église est restée en territoire arménien. Mais depuis lors, les travaux pratiques de délimitation ont été interrompus.

Aujourd’hui, le Premier ministre a affirmé que le tracé de la frontière allait se poursuivre, sans toutefois avancer de calendrier. Selon lui, il s’agit du seul moyen de garantir la sécurité des habitants et de mettre définitivement fin au conflit.

« La solution issue de la délimitation doit être telle que Narek, son enfant, l’enfant de son enfant et les générations suivantes n’aient plus jamais à envisager un conflit ou une guerre. Cette question doit être fermée pour toujours, définitivement », a souligné Pachinian.

Le chef du gouvernement considère que le chapitre du conflit arméno-azerbaïdjanais est désormais clos. Il a rappelé avoir déclaré il y a déjà deux ans que le mouvement pour le Karabagh ne devait plus se poursuivre, estimant que sa continuation ne ferait qu’épuiser l’Arménie pendant encore plusieurs décennies sans apporter de solution au problème.

Dans les villages frontaliers du Tavouch, cependant, les avis sur la poursuite de la délimitation et sur la paix restent partagés, contrairement à l’optimisme affiché par le Premier ministre.

Si les habitants de Voskepar et de Noyemberian se montrent relativement confiants, ceux de Berdavan expriment davantage d’inquiétudes. Ils craignent que lorsque les délimitateurs atteindront leur village, au moins une partie de leurs vergers ne soit perdue.

À Berdavan, les habitants souhaitaient surtout entendre le Premier ministre sur leurs problèmes quotidiens. Autrefois, 162 hectares de vignobles avaient été privatisés dans la localité. Aujourd’hui, moins de 20 % de ces terres sont encore exploitées.

Alors que Pachinian évoquait la poursuite de la délimitation, les habitants parlaient surtout du manque d’eau d’irrigation. Les vergers souffrent de sécheresse et les jeunes ont abandonné l’agriculture, qu’ils jugent non rentable.

Un autre villageois a évoqué la tempête de grêle exceptionnelle qui s’est abattue sur Berdavan il y a un an. Selon les habitants, aucun toit n’avait été épargné. Ceux qui en avaient les moyens ont réparé eux-mêmes les dégâts ; les autres ont recouvert leur maison de bâches en plastique ou placent des récipients sous les fuites à chaque pluie. Ils dénoncent des indemnisations dérisoires et largement insuffisantes.

Les habitants ont également interpellé le Premier ministre sur d’autres sujets. L’un d’eux a notamment évoqué les difficultés de commercialisation du raisin. La réponse reçue ne l’a pas convaincu : selon lui, la récolte de cette année ne sera pas davantage rentable.

Si plusieurs questions liées à l’agriculture sont restées sans réponse, Pachinian a en revanche demandé à ses collaborateurs de recueillir les coordonnées et les doléances des habitants venus lui exposer des problèmes d’ordre social, afin que leurs dossiers soient examinés.

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