À la suite de l’incendie survenu dans un poste électrique des Réseaux électriques d’Arménie (ENA), les 5 000 abonnés privés de courant sont désormais alimentés par d’autres infrastructures. Les lignes électriques de plus de dix rues d’Erevan ont été raccordées à d’autres capacités, dont la charge augmente donc encore davantage depuis l’incendie.
L’incendie qui s’est déclaré dimanche 27 septembre sur la route de Tsitsernakaberd n’a pu être maîtrisé que tard dans la soirée. Alors que les pompiers étaient encore à l’œuvre, le directeur provisoire d’ENA, Romanos Petrossian, s’est empressé d’annoncer sur place qu’un signalement pour possible infraction pénale avait été déposé et qu’aucune hypothèse n’était exclue, y compris celle d’une « intervention extérieure ou intérieure ».
« D’un point de vue électrotechnique, selon nos spécialistes, un incendie d’une telle ampleur n’aurait pas dû se produire dans ce type de poste. Nous n’excluons aucune hypothèse », a déclaré Petrossian.
Le Comité d’enquête n’a pas tardé non plus à réagir : une procédure a été ouverte aujourd’hui sur le fondement de l’article relatif à la destruction ou à la dégradation de biens par incendie volontaire, explosion ou tout autre moyen constituant un danger public.
Romanos Petrossian a par ailleurs publié sur Facebook une photographie en attirant expressément l’attention sur l’année de fabrication du transformateur du poste : 1969.
Romanos Petrossian appartient à une équipe politique qui, ces dernières années, a accordé de très nombreux permis de construire sans, selon des experts, régler la question de la modernisation et du renforcement des infrastructures nécessaires. Le problème ne concerne pas seulement l’alimentation électrique, mais également l’approvisionnement en eau et l’évacuation des eaux usées.
Le poste électrique incendié hier alimentait également les habitants des nouveaux quartiers de la rue Monte Melkonian. Selon le directeur provisoire d’ENA, ces immeubles connaissaient déjà auparavant des problèmes de surcharge.
« Des travaux sont menés avec la municipalité d’Erevan afin d’acquérir un terrain à proximité de l’autoroute Monte Melkonian et d’y construire un nouveau poste moderne à haute tension », a indiqué Romanos Petrossian.
Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme : sans investissements importants de l’État, les années 1990 « sombres et froides » pourraient se répéter
La charge sur le réseau augmente encore en hiver, lorsque de nombreux habitants chauffent également leur logement à l’électricité. À la veille du dernier Nouvel An, des pannes avaient provoqué d’importantes coupures de courant dans de nombreuses localités d’Arménie.
Romanos Petrossian avait auparavant averti que le système était fortement sollicité et avait appelé les citoyens à « consommer l’électricité de la manière la plus économe possible et à éviter l’utilisation d’appareils supplémentaires ».
Une logique simple laisse penser que cet hiver et les suivants pourraient exercer une pression encore plus forte sur le réseau : le nombre de nouveaux immeubles augmente, les véhicules électriques sont de plus en plus nombreux sur les routes arméniennes et des centres de données très énergivores ont été mis en service.
Le Premier ministre Nikol Pachinian avait lui-même reconnu il y a quelques semaines que les besoins en électricité de l’Arménie allaient augmenter.
« Nous devons calculer le rythme prévu de développement des usines d’intelligence artificielle et celui du développement de nos capacités énergétiques, puis les mettre en adéquation. Nous devons garantir l’approvisionnement en électricité. Nous voulons également continuer à en exporter beaucoup, mais nous comprenons que nous en aurons aussi besoin en grande quantité à l’intérieur de l’Arménie », a déclaré Pashinyan.
Les spécialistes avertissent que, si l’État n’investit pas activement dans les infrastructures, les années 1990 « sombres et froides » pourraient se reproduire.
Selon Arthur Avetissian, expert en sécurité énergétique, le principal risque aujourd’hui ne réside pas dans les capacités de production elles-mêmes, mais dans la possibilité d’acheminer l’électricité en toute sécurité jusqu’aux consommateurs.
« Les causes étaient évidemment différentes dans les années 1990, mais au final, les gens n’avaient pas d’électricité. Certaines situations similaires sont possibles si rien n’est fait. Si des investissements importants sont réalisés, ce problème ne se posera pas », a déclaré Avetissian.
Parallèlement à cette situation dans le réseau électrique, la partie russe menace régulièrement d’augmenter le prix du gaz fourni à l’Arménie.
Que se passerait-il alors si un nombre encore plus important de familles se mettait à utiliser davantage d’électricité à la place du gaz ?
Alors que Nikol Pachinian qualifie ce type de scénario de « scénario à la Kikos », les spécialistes alertent sur la nécessité de prendre des mesures urgentes.
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