Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Human Right Watch : Ce que les observateurs des droits humains surveillent lors des élections en Arménie

par

©armenews.com

Les autorités doivent garantir la liberté de réunion, d’expression et l’inclusion par

Giorgi Gogia , Directeur adjoint, Division Europe et Asie centrale

Anahit Chilingaryan, Assistante de recherche senior

 

L’Arménie tiendra des élections législatives le 7 juin qui détermineront le prochain gouvernement du pays. Quel que soit le ou les partis qui l’emporteront, ce qui se passera après le scrutin permettra de voir si l’Arménie a établi, depuis son indépendance, des fondations suffisamment solides pour protéger les droits humains et l’État de droit dans un contexte politique contesté.

Les enjeux du 7 juin sont particulièrement importants. Les élections se déroulent dans un contexte polarisé marqué par des préoccupations sécuritaires, des difficultés sociales, le déplacement des Arméniens de souche du Haut-Karabakh en 2023, un débat intense sur l’orientation géopolitique de l’Arménie et des inquiétudes concernant une ingérence électorale extérieure.

L’Arménie est membre du Conseil de l’Europe et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a déployé une mission d’observation électorale à l’invitation du gouvernement. L’Arménie est également partie à des traités régionaux et internationaux clés relatifs aux droits de l’homme, bien que son bilan en la matière soit inégal. Sous le gouvernement actuel, l’Arménie a poursuivi une intégration plus étroite avec l’Union européenne et s’est engagée à poursuivre les réformes en matière de droits. Si des progrès ont été réalisés, notamment en matière de protection de la liberté de réunion et d’expression, de promotion des droits des personnes handicapées et de lutte contre la violence domestique, des préoccupations subsistent concernant la discrimination, la violence à l’égard des femmes, les droits des personnes handicapées, la liberté des médias, la surveillance et la responsabilité en cas d’abus policiers.

Des groupes locaux, des journalistes et des observateurs indépendants ont également soulevé des préoccupations liées aux élections, notamment l’utilisation abusive des ressources administratives, les pressions exercées sur les fonctionnaires, les risques liés au financement des campagnes électorales, les allégations d’achat de votes, la rhétorique polarisée et la faiblesse des mécanismes de responsabilité.

Human Rights Watch a régulièrement dénoncé l’absence de responsabilité face aux abus policiers en Arménie. Le pays n’a pas connu de violences postélectorales majeures depuis les manifestations de masse qui ont suivi l’élection présidentielle de 2008, au cours desquelles au moins 10 personnes ont trouvé la mort et plus de 100 ont été blessées après que les autorités ont recouru à la violence contre les manifestants. À l’approche du scrutin, les allégations d’abus policiers, d’intimidation, d’achat de votes, de pressions sur les électeurs ou d’attaques contre des journalistes et des militants doivent faire l’objet d’enquêtes rapides et efficaces. Les autorités doivent également indiquer clairement que les forces de l’ordre protégeront les rassemblements pacifiques et que tout recours à la force sera légal, strictement nécessaire et proportionné.

Le 7 juin ne sera pas seulement l’occasion de savoir qui l’emportera, mais aussi de vérifier si les droits de chacun sont respectés avant, pendant et après le scrutin.

Nos lecteurs ont lu aussi