Selon OC Media, l’interdiction d’une manifestation prévue le 24 avril par la communauté arménienne de Tbilissi suscite une vive polémique et soulève des interrogations sur le respect des libertés publiques en Géorgie.
D’après les informations rapportées par le média, la Communauté arménienne de Géorgie avait pourtant respecté les procédures en informant la mairie, dès la fin mars, de son intention d’organiser un rassemblement devant l’ambassade de Turquie. Mais quelques jours plus tard, la police aurait contacté les organisateurs pour leur signifier qu’ils ne seraient pas autorisés à manifester à cet emplacement, invoquant des « risques potentiels ».
Une décision floue et contestée
Toujours selon OC Media, les organisateurs ont tenté d’obtenir une confirmation écrite de cette interdiction — en vain dans un premier temps. La situation a révélé un manque de coordination troublant entre les institutions : ni la mairie ni le ministère de l’Intérieur ne semblaient informés de la décision.
Ce n’est que le 21 avril qu’une lettre officielle du ministère a finalement été transmise, évoquant la nécessité de préserver l’équilibre entre le droit de manifester et les activités des riverains.
« Aucun incident en vingt ans »
Interrogée par OC Media, Zhaneta Baghdasarian, membre de la Communauté arménienne de Géorgie, a dénoncé des justifications « imprécises ». Elle a rappelé que des rassemblements similaires se tiennent depuis plus de vingt ans devant l’ambassade de Turquie, sans qu’aucun incident ne soit à déplorer. « Le gouvernement géorgien sait que notre manifestation est pacifique », a-t-elle déclaré, selon le média.
Face à cette interdiction, les organisateurs ont refusé de déplacer le rassemblement, considérant qu’il s’agissait d’une question de principe liée à leur revendication : la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie. La manifestation a donc été annulée.
Contacté par OC Media, le ministère de l’Intérieur n’avait pas répondu au moment de la publication de l’article. Cette affaire intervient dans un contexte de restrictions accrues du droit de manifester en Géorgie.
Bien que la communauté arménienne ait généralement pu manifester librement devant l’ambassade ces dernières années, certaines exceptions avaient déjà eu lieu, notamment en 2016 et 2017.
Cependant, dans le cas présent, l’absence d’incident et le caractère tardif de la décision renforcent les critiques.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire pourrait constituer un signal préoccupant quant à l’évolution des libertés publiques en Géorgie.
