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Erevan a jusqu’en décembre pour organiser un référendum sur l’adhésion à l’UE

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©armenews.com

L’Arménie devrait organiser un référendum sur son adhésion à l’Union européenne d’ici décembre, sous peine de perdre son statut de membre d’un bloc commercial dirigé par la Russie, a averti mardi 11 août un haut diplomate russe.

Le président russe Vladimir Poutine et les dirigeants de trois autres États membres de l’Union économique eurasienne (UEE) ont en effet fixé ce délai dans une déclaration commune publiée lors d’un sommet organisé le 29 mai au Kazakhstan, boycotté par Nikol Pachinian. Ils ont chargé leurs Premiers ministres de présenter les « conséquences possibles » d’une suspension de l’adhésion de l’Arménie à l’UEE lors de leur prochain sommet prévu en décembre.

« Il est clair que si l’appel à un référendum n’est pas suivi d’effet d’ici là, les dirigeants tiendront compte de ce fait pour déterminer les prochaines mesures conjointes appropriées », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, à l’agence de presse TASS.

M. Galouzine a ajouté qu’il faudrait spécifiquement demander aux Arméniens s’ils souhaitent que leur pays quitte l’UEE en vue de « la perspective – pas tout à fait évidente – d’adhérer à l’UE à l’avenir ».

Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre arménien à la fin du mois dernier, M. Poutine a insisté pour que le référendum soit organisé « dès que possible ». N. Pachinian a une nouvelle fois rejeté cette demande lors d’une réunion des Premiers ministres de l’UEE au Kirghizistan la semaine dernière.

Il a minimisé le fait que son gouvernement ait promulgué l’année dernière une loi déclarant le lancement d’un « processus d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne ». Il a précisé que cela ne signifiait pas que son pays « avait aujourd’hui une chance de devenir membre de l’UE ». Erevan doit d’abord déposer officiellement une demande d’adhésion à l’UE, puis se voir accorder le statut de candidat par le bloc des 27, a fait valoir le Premier ministre arménien. M. Galuzin a rejeté les « déclarations confuses » de M. Pachinian sur le sujet, formulées ces derniers mois.

De leur côté, les dirigeants de l’opposition arménienne ont qualifié la volonté d’intégration européenne de Pachinian d’imprudente, affirmant que l’UE n’admettra pas le Caucase du Sud dans un avenir prévisible. Aucun État membre ni aucune institution de l’UE n’a jusqu’à présent exprimé de soutien explicite à une telle perspective.

« À quoi a servi l’adoption de cette loi déclarative proclamant que nous entamons le processus d’adhésion à l’UE ? » a déclaré lundi Anna Grigorian, chef de file parlementaire de l’alliance d’opposition Hayastan.

Pachinian avait laissé entendre auparavant que son pays ne pouvait être exclu de l’UEE sans son consentement. Ses détracteurs ont rétorqué que même s’il opposait son veto à la sortie de l’Arménie du bloc, la Russie resterait en mesure d’imposer des sanctions économiques dévastatrices à l’Arménie, qui dépend fortement d’elle sur les plans commercial et énergétique.

Moscou a déjà interdit, fin mai et début juin, les importations de produits agricoles et d’eau minérale arméniens. Les responsables russes ont menacé de prendre d’autres mesures punitives, telles qu’une forte hausse du prix du gaz naturel russe fourni à l’Arménie, des restrictions concernant les touristes russes se rendant dans le pays et des exigences plus strictes pour les centaines de milliers de travailleurs migrants arméniens en Russie.

 

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