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Entre Bakou et Moscou, la tension monte encore d’un cran

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©armenews.com

La condamnation du ressortissant russe Aleksandr Vaisero à quatre ans de prison en Azerbaïdjan illustre une nouvelle étape dans la détérioration des relations entre Bakou et Moscou, dont la tension ne cesse de s’intensifier depuis plus d’un an.

Âgé de 36 ans, cet informaticien a été reconnu coupable par un tribunal de Bakou spécialisé dans les crimes graves de blanchiment de plus de 420 000 dollars. Arrêté en juin 2025, au plus fort de la crise diplomatique entre les deux pays, il faisait partie d’un groupe de citoyens russes interpellés dans un contexte déjà extrêmement tendu.

Selon RFE/RL, les autorités azerbaïdjanaises l’accusent d’avoir dissimulé l’origine de revenus issus de plateformes de paris, de loteries et d’autres jeux d’argent opérant en dehors du pays. Devant le tribunal, Vaisero a rejeté ces accusations, affirmant qu’il se trouvait en Azerbaïdjan en simple touriste.

Mais au-delà de ce cas individuel, c’est bien la dimension politique qui domine. Cette condamnation intervient à peine dix jours après celle de Shahin Shikhlinski, ancien dirigeant de la diaspora azerbaïdjanaise dans l’Oural, condamné à neuf ans de prison pour violences contre un agent public — sa deuxième condamnation en 2026, portant sa peine totale à 24 ans. Une séquence judiciaire qui, de part et d’autre, alimente un climat de représailles.

Le point de rupture remonte à juin 2025, lorsque les forces de l’ordre russes ont mené des opérations dans l’Oural visant des personnes d’origine azerbaïdjanaise, dans le cadre d’affaires criminelles anciennes. L’intervention s’est soldée par la mort de deux frères, Ziyaddin et Husein Safarov. Cet épisode a profondément choqué Bakou.

En réponse, les autorités azerbaïdjanaises ont procédé à l’arrestation de plusieurs ressortissants russes, dont Aleksandr Vaisero. D’autres citoyens russes arrêtés à la même période sont aujourd’hui poursuivis pour trafic de drogue et encourent jusqu’à 12 ans de prison. Tous dénoncent des accusations politiquement motivées et affirment être pris dans un engrenage lié à la dégradation des relations bilatérales.

Depuis, les signaux d’escalade se multiplient. La méfiance s’est installée durablement entre les deux capitales, chacune accusant l’autre d’instrumentaliser la justice à des fins politiques.

À l’origine de cette spirale de tensions figure également le crash d’un avion d’Azerbaijan Airlines reliant Bakou à Grozny, survenu le 25 décembre 2024, qui avait fait 38 morts. Cet événement tragique a marqué un tournant, précipitant les relations russo-azerbaïdjanaises dans une crise profonde dont elles peinent encore à se relever.

Aujourd’hui, l’affaire Vaisero apparaît ainsi moins comme un simple dossier judiciaire que comme un nouvel épisode d’un bras de fer de plus en plus ouvert entre Bakou et Moscou.

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