La Russie a rejeté mercredi 28 octobre les allégations du Premier ministre selon lesquelles elle chercherait à le renverser en prévoyant d’exclure l’Arménie de l’Union économique eurasienne (UEE).
N. Pachinian a fustigé Moscou le 22 octobre en réaction à un rapport rédigé par les gouvernements de la Russie et de trois autres États membres de l’UEE, recommandant de fait la suspension de l’adhésion de l’Arménie à ce bloc économique dirigé par la Russie. Il a affirmé que ce rapport s’inscrivait dans le cadre d’un « plan secret » visant à « susciter une instabilité politique interne » et à « priver l’Arménie de son indépendance ».
« Il s’agit peut-être simplement d’une tentative, par tous les moyens nécessaires, de détourner d’une manière ou d’une autre l’attention du public des problèmes pressants et urgents, tout en rejetant une fois de plus la responsabilité sur quelqu’un d’autre », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lors d’un point presse.
« Toute cette rhétorique — agressive, émotionnelle et mensongère — ne nous affecte pas ; au contraire, elle induit en erreur la société arménienne, la population arménienne elle-même, a-t-elle ajouté. Une telle rhétorique repose sur le fait d’ignorer les réalités économiques et les implications d’une adhésion à l’Union européenne au détriment des liens traditionnels entre la Russie et l’Arménie. »
« Malheureusement, la dernière salve d’accusations infondées lancées par Erevan contre Moscou n’a été suivie d’aucune proposition constructive ni d’aucune décision responsable concernant la question centrale qui préoccupe non seulement la population et le monde des affaires arméniens, mais aussi ceux des autres États membres de l’UEE : dans quelle structure l’Arménie s’intègre-t-elle au juste ? », a ajouté Mme Zakharova.
N. Pachinian a formulé ces accusations à la veille de ses entretiens décisifs avec le président russe Vladimir Poutine. Moscou fait pression sur Erevan pour qu’elle choisisse rapidement entre une adhésion à l’Union européenne et le maintien au sein de l’UEE.
Poutine, ainsi que les présidents de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan, ont appelé en mai à la tenue d’un référendum arménien sur la question, affirmant que la volonté d’Erevan d’adhérer à l’UE allait à l’encontre des règles de l’UEE. Ils ont également chargé leurs Premiers ministres de présenter un rapport sur les « conséquences possibles » d’une suspension de l’adhésion de l’Arménie, à temps pour leur prochain sommet prévu en décembre.
Le rapport qui en a résulté, publié le 20 octobre, met en garde contre la perte par l’Arménie de son accès en franchise de droits au marché russe et contre une forte hausse du prix du gaz naturel russe importé par le pays. Il indique que l’économie arménienne s’effondrerait de plus de 15 % en conséquence. Pachinian a insisté sur le fait que son pays était suffisamment résilient pour faire face aux répercussions économiques des sanctions brandies par Moscou.
La Russie est restée le principal marché d’exportation de l’Arménie, même après avoir bloqué les importations de produits agricoles et d’eau minérale arméniens plus tôt cette année. Elle fournit également la majeure partie du gaz naturel de l’Arménie à un prix nettement réduit.
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