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Arman Abovyan nouveau président d’Arménie Prospère à NAM : « Nous n’avons pas capitulé »

Ancien député et ancien secrétaire de l’ex-groupe parlementaire « Arménie prospère », Arman Abovyan aujourd’hui président du parti, dénonce une offensive politique contre Gagik Tsarukyan. Face aux attentes des électeurs de son parti, il défend le choix d’une action légale et la recherche d’une position commune avec les autres forces d’opposition.

Nouvelles d’Arménie Magazine : Combien de salariés de Multi Group sont aujourd’hui privés de travail ?
Arman AbovyanJe dirais 10 000. Mais je ne travaille pas pour Multi Group et ne dispose pas d’informations précises. Je cite les chiffres habituellement rapportés par la presse.

Certaines activités ont repris, d’autres restent fermées. Comment l’expliquez-vous ?
C’est aux autorités qu’il faut poser cette question.

Pourquoi votre parti parle-t-il d’une attaque politique ?
Nous considérons « Arménie prospère » comme une force politique spoliée de ses voix aux dernières élections, qui refuse la ligne des autorités et que ces dernières perçoivent comme une menace. « Arménie prospère » défend une ligne pro-arménienne face à des autorités qui ont clairement adopté une politique pro-turque. Je n’exclus pas que les pressions sur Gagik Tsarukyan et le parti viennent elles aussi de l’extérieur.

D’Azerbaïdjan? de Turquie ?
Aliyev a déclaré vouloir empêcher le redressement de l’Arménie et le retour de forces qu’il qualifie de « revanchardes ». Les pressions ont commencé après les déclarations de Tsarukyan dénonçant les prétentions de Bakou sur l’ensemble du territoire arménien, présenté comme l’« Azerbaïdjan occidental ». J’y vois deux objectifs : écarter un concurrent politique, sur ordre extérieur, et s’emparer de ses biens. Ceux-ci seront vraisemblablement transférés à des personnes proches des autorités via des enchères truquées.
La Constitution et les lois ont été violées pour dépouiller Tsarukyan et neutraliser « Arménie prospère ».

Votre parti, malgré un soutien conséquent lors des dernières élections, ne montre pas grand entrain à mobiliser son électorat sur ces questions qui affectent pourtant des milliers de personnes aujourd’hui sans emploi.
Nous agissons tous les jours : discussions, entretiens, conférences de presse, rencontres avec des représentants européens. Les récentes déclarations de l’OSCE reconnaissent d’ailleurs clairement le vol des voix d’ »Arménie prospère » aux dernières élections.
Gagik Tsarukyan a toujours été opposé à l’effusion de sang. Nous pensons que les autorités sont prêtes à tout pour conserver le pouvoir. Nous agissons exclusivement dans le cadre de la loi et de la Constitution. Nous n’exposerons pas des citoyens ordinaires à une confrontation avec les autorités dans la rue.

Comment interprétez-vous ces critiques exprimées au Parlement européen dont vous parlez ? Remettraient-elles en cause, à vos yeux, la perspective d’un avenir européen pour l’Arménie ?
Ces prises de parole comptent. Mais nous avons surtout le sentiment que l’Union européenne soutient Pashinyan malgré les pressions qu’il exerce sur l’opposition. Lorsque Macron, Ursula von der Leyen ou Marta Kos affichent leur proximité avec lui, cela suscite ici beaucoup d’interrogations.
Regardez la Géorgie, la Moldavie ou l’Ukraine. L’Europe n’offre que de grandes déclarations et des promesses vides, voire trompeuses. Elle entretient des relations étroites avec Aliyev, responsable du génocide des Arméniens d’Artsakh en 2023. Voir les dirigeants européens aller jusqu’à s’incliner devant lui nourrit toute notre profonde déception.
Nous attendons de l’Europe qu’elle reste fidèle à ses principes démocratiques au lieu de les sacrifier à ses intérêts politiques.

Que répondez-vous à ceux qui vous présentent comme un parti pro-russe ?
Pashinyan confond volontairement « pro-russe » et « pro-arménien » pour obtenir le soutien ou le silence européen face à la répression de l’opposition. Nous voulons entretenir des relations amicales avec l’Europe, la Russie, les États-Unis, l’Iran et la Chine. C’est cette position de pont avec nos partenaires qui assurera notre paix.

Entre les tout récents échanges avec des émissaires russes sur la pérennité de l’énergie nucléaire en Arménie et l’avenir de la concession ferroviaire russe, comment interprétez-vous les revirements successifs de Pashinyan avec Moscou et l’Occident ?
Il passe d’une orientation à l’autre. Pashinyan n’est ni pro-russe, ni pro-européen, ni pro-américain : il est pro-Pashinyan. Son seul objectif est de conserver le pouvoir, quitte à mentir à chacun de ses interlocuteurs.
Je pense qu’il épuisera rapidement ses ressources si l’Union européenne cesse de le soutenir. Selon moi, sa politique, menée avec Erdogan et Aliyev, affaiblit l’Arménie.

Certains de ses partisans accusent l’opposition de capitulation après les dernières élections, lui reprochant notamment son incapacité à présenter un front commun. Une coordination des oppositions est-elle possible ?
Nous n’avons pas capitulé. Si nous avions capitulé, Tsarukyan et Kocharyan ne seraient pas en prison, et Samvel Karapetyan ne serait pas assigné à résidence. Nous sommes convaincus que, tôt ou tard, la justice prévaudra.
« Arménie prospère » a annoncé engager des négociations avec d’autres partis pour élaborer une position commune. Pour le moment, je ne suis pas autorisé à en dire davantage.

Propose recueillis par Olivier Merlet

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