Le ministère des Affaires étrangères a catégoriquement démenti une information selon laquelle Nikol Pachinian aurait proposé au Kazakhstan et au Kirghizistan des participations dans une société contrôlée par les États-Unis, chargée de gérer un corridor de transit pour l’Azerbaïdjan traversant l’Arménie.
En vertu d’un accord américano-arménien signé en juin, le gouvernement américain détiendra 74 % de la société qui disposera des « droits exclusifs d’utilisation des terres, des droits de développement, des autorisations connexes et de tous les autres droits » nécessaires à la mise en place de la « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP). Le gouvernement arménien détiendra les 26 % restants de la TRIPP Development Company (TDC)
Un média kirghize a rapporté le mois dernier que le Premier ministre arménien avait proposé au président kazakh Kassym-Jomart Tokayev que le Kazakhstan et le Kirghizistan voisin investissent dans le projet et acquièrent chacun, en contrepartie, une participation de 5 % dans la société. Il n’a cité aucune source à l’appui de cette information.
N. Pachinian n’a pas explicitement démenti cette information lorsqu’il s’est adressé aux journalistes le 27 août. Son cabinet a ensuite transmis au ministère des Affaires étrangères une question écrite à ce sujet émanant du service arménien de RFE/RL. La porte-parole du ministère, Ani Badalian, y a répondu par écrit jeudi 24 septembre.
Évoquant un accord américano-arménien sur le TRIPP, Mme Badalian a déclaré : « Un mécanisme de cession d’une participation [dans la TDC] en échange d’investissements n’est ni prévu ni à l’étude. »
M. Tokayev et M. Pachinian se sont entretenus par téléphone le 24 août. Un communiqué du gouvernement arménien a indiqué qu’ils avaient discuté des « possibilités de coopération dans la mise en œuvre de projets de transport régionaux ». Il n’a fourni aucun détail. M. Pachinian a indiqué trois jours plus tard que le TRIPP figurait à l’ordre du jour de leur conversation.
« À présent, différents pays manifestent leur intérêt [pour le TRIPP], et naturellement, nous saluons l’intérêt qu’ils y portent », a-t-il déclaré sans donner plus de précisions.
Plus tôt au mois d’août, un conseiller principal de l’envoyé américain Steve Witkoff s’est rendu à Erevan pour discuter avec M. Pachinian et d’autres responsables arméniens des modalités pratiques du TRIPP. L’itinéraire de transit reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan et à la Turquie longerait la frontière arménienne avec l’Iran. Téhéran reste opposé à ce projet, craignant qu’il ne conduise à une présence américaine à des fins de sécurité le long de la frontière et ne sape le contrôle que l’Arménie exerce sur celle-ci.
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