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Le gouvernement arménien va engager le processus de rénovation de la voie ferrée menant à la frontière turque

Le gouvernement arménien a pris des dispositions en vue de procéder à la rénovation d’une section du réseau ferroviaire d’Arménie géré par une compagnie russe conduisant à la frontière avec la Turquie, fermée depuis plus de 35 ans. Cette frontière pourrait laisser à nouveau passer les trains qui circulaient même à la période soviétique dès lors que sera finalisé le processus de normalisation en cours des relations arméno-turques. C’est ce qu’a annoncé lundi 17 août le ministre arménien des infrastructures, Davit Khudatian, qui a précisé que le gouvernement arménien avait lancé un appel d’offres international pour la conception de ce tronçon de 21 kilomètres qui va de Gyumri à la frontière turque et au-delà Kars. Ce tronçon faisait partie de la voie ferrée qui reliait Bakou à la Turquie en longeant le fleuve Araxe jusqu’au Nakhitchevan puis en traversant l’Arménie jusqu’à Gyumri, alors Leninakan. La ligne est tombée en déshérence depuis que la Turquie, en solidarité avec l’Azerbaïdjan, a fermé sa frontière avec l’Arménie lui imposant un blocus en réponse à la victoire des Arméniens au Karabakh au début des années 1990.

Cette annonce a été faite alors que l’avenir du réseau ferré arménien est des plus incertains, depuis que le gouvernement de Nikol Pachinian a émis l’intention de se passer des services de la compagnie des chemins de fer de Russie RZhD qui détient le monopole sur le réseau ferroviaire arménien et le gère en vertu d’un contrat pour trente ans signé avec Erevan en 2008. Citant les progrès réalisés dans la restauration des liens de transport de l’Arménie avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, le premier ministre Nikol Pachinian avait appelé à plusieurs reprises à la fin de l’an dernier la compagnie RZhD de rénover ce tronçon ainsi qu’une autre section de voie ferrée conduisant à l’Azerbaïdjan.

Le vice-premier ministre russe Alexei Overchuk avait fait part de sa disposition à prendre en charge ces travaux le 12 février. Mais le lendemain même, Pachinian déclarait vouloir mettre un terme à la gestion russe des chemins de fer arméniens, au prétexte qu’elle aurait un caractère dissuasif sur l’Azerbaïdjan et la Turquie, qui seraient réticents du fait de cette présence russe, à utiliser de plus vastes pans du territoire arménien à des fins de transit dans un avenir proche. Moscou depuis a rejeté systématiquement les demandes de Pachinian relatives à la cession des droits de gestion de la Russie à une compagnie d’un autre pays.

Alors que les tensions entre les anciens alliés gagnaient en intensité à la fin juillet, Pachinian avait menacé de recourir à des actions légales pour déchoir RZhD ou alors exiger à l’opérateur russe une somme annuelle de pas moins de 2 milliards de dollars au titre de ces droits. Il devait faire machine arrière deux semaines après, suite aux mises en garde fermes des responsables russes.

La déclaration de Khudatian est pourtant une indication de plus de la volonté de Erevan d’exclure les Russes de la reconstruction prévue du tronçon Gyumri-Akhurik. Pachinian avait déclaré en mai qu’elle serait financée par son gouvernement.

Khudatian a aussi indiqué aux journalistes que vers la fin de l’année, le gouvernement lancera un appel d’offres distinct pour la construction elle-même, qui nécessiterait des fonds à hauteur de 15 millions de dollars. Mais ilo n’a pas précisé de date pour cet appel à la concurrence internationale.

La section turque de la voie ferrée reliant l’Arménie à la Turquie nécessite également une reconstruction. Le maire de la ville frontalière turque de Akyaka a fait savoir au Service arménien de RFE/RL le mois dernier que les travaux de reconstruction sur la partie turque avaient déjà commencé et seraient terminés dans deux ou trois mois.

Ankara continue à conditionner l’ouverture de la frontière arméno-turque à la signature d’un accord de paix définitif et global entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. En attendant, la Turquie reste même réfractaire à la mise en oeuvre d’un accord de 2022 relatif à l’ouverture de la frontière aux détenteurs de passeports diplomatiques turc et arménien et aux ressortissants de pays tiers.

 

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