La société arménienne Telecom Armenia et l’opérateur azerbaïdjanais Azertelcom ont signé un accord en vertu duquel la partie azerbaïdjanaise pourra utiliser les infrastructures arméniennes afin d’assurer une liaison de télécommunications entre le territoire principal de l’Azerbaïdjan et le Nakhitchevan.
En contrepartie de ce service, la partie azerbaïdjanaise versera une rémunération à l’entreprise arménienne. Interrogée sur le montant de cette redevance, Telecom Armenia n’a pas souhaité le préciser, invoquant des raisons commerciales.
Les raccordements seront effectués à Kornidzor et à Yerask. Selon le directeur adjoint de Telecom Armenia, Aram Barseghian, l’opération devra au préalable recevoir l’autorisation des services de sécurité nationale arméniens.
D’après lui, la partie azerbaïdjanaise n’aura accès qu’à un câble d’une capacité de 100 gigabits par seconde, et non aux données qui y transitent.
« Ils ne seront pas connectés au réseau arménien ; ils pourront simplement utiliser les câbles », a-t-il expliqué.
Dans un entretien accordé à Azatutyun, le responsable de Telecom Armenia a précisé le fonctionnement du transit vers le Nakhitchevan :
« Le câble n’entre pas en Arménie ; il arrive jusqu’au point frontalier, comme c’est déjà le cas avec la Géorgie, la Turquie ou l’Iran. Chacun amène son propre câble, une jonction est réalisée directement à la frontière, puis la connexion va du point A au point B. »
Selon lui, il s’agit d’un dispositif comparable à un poste-frontière :
« Vous fournissez un service uniquement à travers le réseau de Telecom Armenia. La liaison se fait, en pratique, de Kornidzor jusqu’à Yerask en longeant la frontière, et non en traversant les localités concernées. »
Aram Barseghian a également insisté sur le fait que cet accord ne concerne pas un flux internet fourni par l’Arménie :
« Non, il ne s’agit pas d’Internet. Il n’y a pas d’accès internet arménien. C’est simplement une liaison de transit grâce à laquelle ils utilisent leur propre internet. Nous ne leur vendons aucune donnée arménienne ni aucun service provenant d’Arménie. Nous leur permettons seulement, via notre infrastructure, d’assurer une connexion entre un point A et un point B, afin qu’ils puissent relier le Nakhitchevan à l’Azerbaïdjan, et inversement. »
Il a ajouté que cette opération représente, selon lui, « un avantage stratégique très important ».
D’après Aram Barseghian, cet accord s’inscrit globalement dans la logique du projet TRIPP (Trump Route for International Peace and Prosperity), même s’il n’en constitue pas officiellement un élément.
Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, déclare régulièrement que le cadre du projet TRIPP prévoit également le développement d’infrastructures de transit à travers le territoire arménien, notamment des câbles de télécommunications, des gazoducs et d’autres réseaux de transport.
