À cinq jours des élections, le chef du parti Arménie prospère (BHK), Gagik Tsaroukian, refuse toujours de révéler le nom de son candidat au poste de Premier ministre. Tout en assurant que quatre personnes sont en lice, il affirme que les électeurs voteront avant tout pour lui : « Quand le moment sera venu, je le dirai. Tout est calculé. Les gens voteront pour Tsaroukian, et Tsaroukian leur donnera sa réponse. »
Actionnaire à plus de 91 % d’AraratCement, Tsaroukian dit ne pas être au courant des derniers développements concernant l’entreprise. Pourtant, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a récemment annoncé son intention de nationaliser l’usine, qu’il accuse d’avoir été acquise illégalement par le « clan Gouloyan-Tsaroukian ».
Le 20 mai, Pachinian déclarait : « AraratCement sera également restituée à la République d’Arménie et nationalisée. »
Quelques heures plus tard, les autorités judiciaires annonçaient avoir découvert des indices d’infractions dans le processus de privatisation de l’entreprise en 2002. Les enquêteurs assurent toutefois que leurs vérifications avaient commencé avant la déclaration du Premier ministre.
L’enquête est toujours en cours devant la juridiction anticorruption. Parallèlement, le parquet a recommandé au gouvernement d’examiner la possibilité de nommer un administrateur provisoire afin de corriger les irrégularités constatées. Deux semaines après cette annonce, aucune nomination n’a cependant été officialisée.
Tsaroukian dénonce une démarche politique : « J’ai acheté cette usine il y a 25 ans. Je l’ai développée, j’y ai investi, je paie mes impôts. Sur quelle base veut-on me la prendre ? Si aujourd’hui on confisque les biens, comment ce pays peut-il se développer ? »
Ce mardi, le parquet a révélé un nouveau dossier concernant l’acquisition en 2009 de plus de 74 hectares de terrain par AraratCement. Selon les autorités, l’ancien maire de la commune d’Ararat aurait cédé ces pâturages à l’entreprise par le biais d’enchères fictives.
Les procureurs ont à la fois saisi la justice anticorruption pour ouvrir une procédure pénale et engagé une action civile afin d’obtenir l’annulation des ventes et la restitution des terrains.
D’autres acquisitions immobilières de l’entreprise font également l’objet d’investigations.
Tsaroukian rétorque : « Si quelque chose est illégal, qu’on le prouve. Mais si la commune a organisé un appel d’offres et que nous avons acheté légalement ces terrains, où est le problème ? »
Lors d’un déplacement à Massis, le dirigeant du BHK a affirmé que ces poursuites étaient liées à son opposition au pouvoir. Il critique également la politique de Pachinian, qu’il accuse de détériorer les relations avec la Russie et de fragiliser l’économie arménienne.
Enfin, Tsaroukian promet qu’en cas de victoire électorale, les prêts allant jusqu’à 3 millions de drams seraient annulés. Cette mesure serait financée par une augmentation de la dette publique, assumée selon lui comme un coût nécessaire pour soutenir la population.
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