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Krikor Amirzayan (Opinion) : L’Arménie qui a tiré leçon de sa défaite militaire de 2020 en Artsakh, exhibe ses armes nouvelles ultra-modernes comme une démonstration de force et de gage d’avenir de la nation

L’impressionnant défilé militaire du 28 mai, place de la République à Erevan, à l’occasion de la Journée de la République au cours duquel furent exhibées les armes ultra-modernes acquises par l’Arménie au cours des quatre dernières années auprès de sept pays, a surpris bon nombre d’observateurs par le niveau de ces équipements militaires.

Ainsi, sortie de la défaite militaire en Artsakh en 2022, l’Arménie avait su tirer le bilan de la déroute et refonder intégralement son armée en une armée moderne, équipée des dernières technologies de pointe.

Parmi ces dernières, les radars français GM-200, les obusiers automoteurs Caesar et les véhicules blindés Bastion acquis auprès de la France, mais aussi drones ressemblant aux Reaper américains de 8,5 mètres de long et de 18 mètres d’envergure et 28 heures d’autonomie en vol, acquis auprès de la Chine. L’Arménie a également acquis des systèmes indiens de radars anti aériens avec canons sur camions mobiles, des missiles Akash, Pinaka, et autres armes indiennes, ainsi que des drones américains V-BAT, et des armes diverses russes…

Mais l’un des acquis majeurs de l’armée arménienne est le développement de son industrie militaire, avec notamment des canons lance-roquettes de 122 mm basés sur des SUV, des drones d’attaque de type DEV et d’autres produits « Made in Armenia ». L’Arménie, pays de hautes technologies, est même devenue exportatrice d’armes en seulement quelques années. Une véritable révolution.

Suren Papikyan, le ministre arménien de la Défense a affirmé qu’après 2020, l’armée arménienne était intégralement reformée, tant par son organisation, par la tenue des militaires que des armements. Aux incrédules, la démonstration de force, de discipline et surtout de l’équipement ultra-moderne de l’armée arménienne -qui a même changé son sigle- a démontré que les affirmations du gouvernement arménien étaient véridiques.

Cette transformation rapide de l’armée arménienne, cette naissance de l’industrie militaire arménienne de pointe, prouvaient que l’Arménie a sur tirer des leçons de la défaite militaire de 2020 en Artsakh, en apportant des solutions concrètes par la modernisation de son armement et de son armée. Aux oubliettes, le matériel militaire russe hérité de la période soviétique -essentiellement des chars et des canons, avec très peu d’électronique- qui ont prouvé leur inefficacité sur le champ des batailles modernes. Un matériel russe inadapté, qui coûta la vie à près de 5 000 soldats Arméniens sans défense face aux drones et autres dangers venant du ciel…

L’Arménie est désormais entrée dans l’ère des drones et des technologies de pointe en matière militaire. Et l’armée arménienne ainsi équipée et formée, devient le gage de la sécurité des citoyens d’Arménie.

Oubliés les missiles Iskander-M russes qui n’explosaient pas, les russes contrôlant les codes et bridant volontairement leur puissance…Désormais l’Arménie a la maitrise de son armement grâce à sa politique de diversification de ses sources d’approvisionnements.

Face à cette démonstration de force de l’armée arménienne, Bakou, qui dispose également d’armes ultra-modernes, n’a pas réagi. Mais l’Arménie a démontré qu’elle pouvait défendre seule ses frontières en cas d’agression de l’Azerbaïdjan. Une Arménie qui s’arme non pour agresser, mais pour défendre son territoire, ses 29 743 km² dont 241 km² restent sous occupation azerbaïdjanaise.

Par ces armements, l’Arménie est sur la bonne voie. Le gouvernement Pachinian semble avoir compris que négocier la paix n’était pas incompatible avec l’armement de l’Arménie. S’armer pour imposer la paix. Car les turco-azéris n’ont compris jusqu’à ce jour que la force pour respecter leurs voisins.

Krikor Amirzayan

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