A l’UGAB Paris, soirée de recueillement des jeunes Arméniens le 23 avril

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À Paris, la soirée du 23 avril a une résonance particulière pour la jeunesse arménienne. Comme chaque année, cette date symbolise un moment de rassemblement, de recueillement et d’engagement en hommage aux victimes du génocide des Arméniens. À l’initiative de plusieurs organisations de la diaspora, une veillée commémorative des jeunes s’est tenue au Centre culturel arménien Alex Manoogian, réunissant étudiants, artistes, historiens et membres de la communauté autour d’une mémoire commune.

 

111 ans après les événements de 1915, le message reste inchangé:refuser l’oubli. Mais au-delà du souvenir, cette veillée s’inscrit dans une dynamique vivante, portée par une nouvelle génération déterminée à poursuivre la cause arménienne. Entre prises de parole, conférences, et moments artistiques et musicaux, la soirée a offert un espace à la fois de réflexion, de transmission et de création.

Parmi les temps forts de cette commémoration, l’intervention de l’historien Shahen Vartanian a particulièrement marqué les esprits. Il est revenu sur un épisode emblématique de la résistance: le combat de Musa Dagh. À travers son récit, il a rappelé une part remarquable de l’histoire, celle d’un peuple qui, face à l’anéantissement, a su opposer courage et organisation pour survivre.

Dans un autre registre, l’émotion s’est poursuivie avec la projection du court métrage “Sans visage”(Դիմազուրկ) de Rita Alexanian, réalisatrice et présidente de Maison des étudiants arméniens, consacré aux souvenirs de son grand-père. Un film intime, presque murmuré, qui a transporté le public dans une mémoire familiale devenue mémoire universelle. Interrogée sur les sentiments qui la traversaient en étant présente lors de cette commémoration, la réalisatrice a livré un témoignage profondément personnel et engagé. Elle évoque d’abord «une forme de responsabilité» : celle de représenter la Maison des étudiants arméniens. Sur le plan personnel, elle insiste sur l’importance de cette veillée comme moment d’unité:selon elle, réunir la jeunesse arménienne, même en semaine, revêt une dimension particulière dans un contexte où des divisions peuvent exister. L’essentiel, affirme-t-elle, est ailleurs:se rassembler au-delà des différences, dans un esprit de cohésion et de mémoire partagée.

Revenant sur son film, réalisé il y a trois ans, Rita Alexanian confie qu’il reste profondément ancré en elle. Inspiré des récits de son grand-père, le court métrage repose sur une mémoire subjective, intime, mais qui fait écho à de nombreuses autres histoires. Elle souligne d’ailleurs que son œuvre, déjà diffusée à l’international, lui a permis de toucher des personnes qu’elle ne connaît pas, créant ainsi une émotion et une connexion universelle.

Pour elle, le cinéma devient alors un véritable vecteur de transmission: “un moyen de partager ma culture, de faire vivre ces histoires et de prolonger la mémoire”, notamment celle de son grand-père, à laquelle elle demeure profondément attachée.

Au cœur de cette journée, Lilith Shahverdyan étudiante et réfugiée d’Artsakh après le génocide de 2023, interrogée sur la signification de cette commémoration, a répondu que cette journée est extrêmement importante pour les jeunes. “Pour nous, descendants du génocide arménien ainsi que pour les Artsakhiotes chassés de leurs terres, il est absolument primordial de préserver la mémoire collective de ce que notre peuple a traversé. Car oublier, c’est permettre que cela se répète”.

Loin d’être une simple commémoration, l’événement s’est imposé comme un acte collectif. Au-delà des discours, c’est une atmosphère de recueillement et de transmission qui a dominé cette journée. Entre mémoire individuelle et mémoire collective, entre histoire et engagement, Paris a une nouvelle fois été le théâtre d’un hommage vibrant – non seulement aux victimes, mais aussi à la résilience d’un peuple et à la nécessité de ne jamais oublier.

Anahit & Anahit

 

 

 

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