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27 ans après l’attentat du Parlement, les commanditaires du massacre toujours inconnus

Vingt-sept ans après l’attentat terroriste du 27 octobre 1999, qui avait décapité une partie de la classe politique arménienne, de nombreuses interrogations demeurent. Si les exécutants ont été condamnés, les éventuels commanditaires du massacre n’ont jamais été identifiés. À l’occasion de cet anniversaire, le Parquet général annonce la poursuite des investigations, sans faire état d’avancées décisives.

Le 27 octobre 1999 reste l’une des dates les plus tragiques de l’histoire de l’Arménie indépendante. Ce jour-là, un commando armé dirigé par Naïri Hounanian faisait irruption dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, en pleine séance parlementaire, et ouvrait le feu sur les responsables politiques présents.

Huit personnalités étaient assassinées, parmi lesquelles le Premier ministre Vazgen Sarkissian, figure majeure de la victoire arménienne lors de la première guerre du Karabakh, et le président du Parlement Karen Demirdjian, ancien dirigeant de l’Arménie soviétique revenu au premier plan de la vie politique nationale. Huit autres personnes étaient blessées.

Le choc fut immense. En quelques minutes, le pays perdait deux de ses dirigeants les plus influents, qui formaient alors les piliers de la majorité politique. L’attentat bouleversait profondément les équilibres institutionnels et politiques d’une République indépendante depuis seulement huit ans.

Vingt-sept ans plus tard, si les auteurs matériels de cette tuerie ont été jugés et condamnés, les interrogations sur les circonstances de sa préparation et l’existence d’éventuels commanditaires restent entières.

Une dizaine d’auditions en un an

À l’occasion de ce 27e anniversaire, le Parquet général arménien a fait savoir que les investigations se poursuivaient. Au cours des douze derniers mois, une dizaine d’auditions ont été réalisées et des documents classifiés ont été examinés.

Les enquêteurs ont également poursuivi des opérations d’investigation confidentielles. Les autorités judiciaires n’ont cependant pas indiqué si ces démarches avaient permis de recueillir de nouveaux éléments susceptibles d’éclairer les zones d’ombre de l’affaire.

Cette absence de résultats rendus publics continue d’alimenter les interrogations des familles des victimes, qui estiment depuis des années que toute la vérité n’a pas été établie.

Après son arrivée au pouvoir en 2018, Nikol Pachinian avait promis de faire la lumière sur les organisateurs de l’attentat. En décembre 2019, à la suite d’une démarche d’Anahit Bakhchian, veuve de Youri Bakhchian, vice-président de l’Assemblée nationale assassiné lors du massacre, l’instruction avait été relancée.

Depuis février 2024, les investigations sont conduites par le Comité d’enquête arménien.

Une tragédie qui continue de peser sur la vie politique arménienne

L’attentat du 27 octobre 1999 demeure un traumatisme national, non seulement par le nombre et l’importance de ses victimes, mais aussi par ses conséquences sur la trajectoire politique du pays.

La disparition simultanée de Vazgen Sarkissian et de Karen Demirdjian avait brutalement interrompu l’expérience politique engagée autour de leur alliance et profondément modifié les rapports de force au sommet de l’État.

Depuis lors, les circonstances de l’attentat ont nourri de nombreuses hypothèses et controverses. Mais aucune décision judiciaire n’a établi l’existence de commanditaires extérieurs au groupe condamné.

Pour les familles des victimes, la condamnation des exécutants ne saurait toutefois suffire à clore définitivement ce dossier.

Vingt-sept ans après le massacre, l’enquête reste donc ouverte. Et avec elle, une question qui continue de hanter la société arménienne : le commando de Naïri Hounanian a-t-il agi seul, ou répondait-il à des intérêts qui n’ont jamais été mis au jour ?

Sept condamnations en 2003

En 2003, la justice arménienne avait condamné Naïri Hounanian et cinq membres de son groupe à la réclusion criminelle à perpétuité. Un septième accusé avait écopé de quatorze années d’emprisonnement.

Plusieurs condamnés sont décédés depuis, dans des circonstances diverses. Certains témoins importants de l’affaire sont également morts, tandis que d’autres ont quitté l’Arménie.

Ces disparitions et ces éloignements constituent autant de difficultés supplémentaires pour les enquêteurs chargés de faire toute la lumière sur l’une des affaires criminelles les plus marquantes de l’histoire contemporaine du pays.

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