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Violences de 2008 : le SIS accuse un ancien général

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©armenews.com

Un ancien général de l’armée arménienne, qui dirige actuellement l’Organisation du Traité de sécurité collective dirigé par la Russie (OTSC), a également été inculpé dans le cadre de la nouvelle enquête criminelle sur les violences postélectorales de 2008 à Erevan.

Le Service spécial d’enquête (SIS) a accusé officiellement Yuri Khachaturov d’avoir participé à un « renversement de l’ordre constitutionnel » après l’avoir interrogé jeudi. Dans un communiqué publié vendredi, le SIS a indiqué qu’il avait également demandé à un tribunal d’Erevan d’autoriser la détention provisoire de Khachaturov.

Le SIS porte la même accusation contre l’ancien président Robert Kotcharian. Ce dernier avait ordonné la dispersion violente, les 1er et 2 mars 2008, des manifestations organisées par l’opposition à la suite d’une élection présidentielle contestée.

La répression, qui a fait huit morts parmi les manifestants et deux parmi les membres de la police, est survenue un peu plus d’un mois avant que Kotcharian ne termine son second et dernier mandat. Kotcharian a rejeté jeudi ces accusations, qui sont selon lui politiquement motivées.

Au début du mois, le SIS a émis un mandat d’arrêt contre le général à la retraite Mikael Harutiunian, qui était ministre de la Défense de l’Arménie lors des troubles de 2008. Il a allégué que Harutiunian avait utilisé illégalement les forces armées contre les manifestants, ce qui s’apparente pour lui à un coup d’Etat.

Khachaturov était alors vice-ministre de la Défense en mars 2008. Celui qui était alors le nouveau président, Serge Sarkisian, l’a nommé chef de l’état-major de l’armée en avril 2008.

Khachaturov, 65 ans, a brièvement parlé au service arménien de RFE / RL (Azatutyun.am) avant d’être interrogé par les enquêteurs du SIS. Il a déclaré qu’il ne s’attendait pas à être poursuivi pour les répressions de 2008.

Le général à la retraite a servi de chef d’état-major de l’armée arménienne de 2008 à 2016. La Russie, l’Arménie et quatre autres États de l’ex-Union soviétique, membres de l’OTSC, l’ont nommé secrétaire général du pacte de défense dirigé par la Russie en avril 2017.

L’OTSC et ses États membres non arméniens n’ont pas immédiatement réagi aux procédures pénales engagées contre Khachaturov. L’agence de presse TASS a cité un porte-parole du secrétariat de l’OTSC à Moscou, alléguant qu’il n’avait pas encore reçu d’informations officielles à ce sujet.

Le SIS fonde ses accusations sur un ordre secret que le ministre de la Défense Harutiunian aurait transmis à l’armée arménienne lors des manifestations post-électorales organisées par Levon Ter-Petrosian, principal candidat de l’opposition au scrutin de 2008. Il y est indiqué que des unités militaires ont commencé à s’installer à Erevan avant que Kotcharian ne déclare l’état d’urgence tard dans la journée du 1er mars 2008. Selon l’agence chargée de l’application de la loi, cela viole les dispositions constitutionnelles garantissant la neutralité politique des forces armées arméniennes.

Dans des remarques télévisées diffusées tard jeudi, Kotcharian a insisté sur le fait que l’armée avait simplement été mise en état d’alerte afin d’empêcher certains de ses soldats et officiers de répondre aux appels répétés de Ter-Petrosian à rejoindre son mouvement d’opposition. L’ex-président a également soutenu que les unités de l’armée n’étaient pas impliquées dans des affrontements violents entre les forces de sécurité et les manifestants qui ont suivis.

Le Premier ministre Nikol Pachinian, qui a joué un rôle clé dans le mouvement dirigé par Ter-Petrosian, était le principal orateur d’un rassemblement qui s’est tenu le 1er mars 2008 à plusieurs centaines de mètres de la scène des violences meurtrières. Pachinian a ensuite passé près de deux ans en prison pour avoir organisé des «troubles de masse» dans la capitale arménienne. Il a nié ces accusations, qui étaient d’après lui motivées politiquement.

Pachinian a nommé un nouveau chef du SIS peu de temps après son arrivée au pouvoir en mai. Il a demandé alors à cet organe de se replonger dans la longue enquête criminelle concernant les troubles, et de punir les responsables pour les 10 victimes.

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