Jean-Paul Gasparian est un brillant musicien, sensible et profond, en particulier dans le domaine du répertoire romantique pour lequel il éprouve des affinités intimes. Sa musicalité, sa maîtrise technique, la fluidité de son jeu, la limpidité de son phrasé et une force expressive raffinée se déploieront dans un programme voué à Chopin et à Liszt, deux compositeurs et pianistes virtuoses qu’une amitié authentique et une admiration réciproque relaient. Chacun selon son style a exalté la splendeur instrumentale du piano qui sera magnifiée sous les doigts des Jean-Paul Gasparian.
En ouverture du récital, parmi les plus belles pages de Frédéric Chopin (1825-1849), il interprétera les Mazurkas op.59, la Ballade n°3 op. 47,Valses op.64 et Polonaises op 26 n°1 et op. Des pièces enchanteresses qui témoignent de l’attachement du compositeur au caractère et aux rythmes de la tradition polonaise qu’il a transposées à travers le filtre de son langage savant unique. Pourtant, Chopin avait quitté la Pologne, son pays natal, avant sa vingtième année, sans jamais y retourner, pour vivre et créer en France, sa terre d’adoption, parmi les grands artistes de son temps, musiciens, peintres, écrivains.
En deuxième partie, seront interprétées les fabuleuses transcriptions pour piano de Franz Liszt (1811-1886) d’après les opéras de Verdi. En exploitant la vocalité du piano comme nul autre, Liszt s’est emparé de la matière opératique pour la transfigurer et en offrir une nouvelle lecture qui se présente comme un commentaire et une variation de l’ouvrage revisité. Au cours de la soirée, les transcriptions pour piano d’opéras de Giuseppe Verdi offriront à Jean-Paul Gasparian l’occasion d’exprimer sa fabuleuse maîtrise technique au service de la vibrante intensité dramatique de ce répertoire lyrique. Miserere du Trouvère, Paraphrase de concert S.433 à Danse sacrée et duetto final d’ Aïda, Paraphrase de concert S.436, Paraphrase de concert S.434 sur Rigoletto et le Finale de Don Carlos, paraphrase de concert S.435, sont autant de pages aussi passionnantes qu’envoûtantes.
Un parcours musical exceptionnel
Né à Paris en 1995 au sein d’une famille de musiciens, Jean-Paul Gasparian a commencé l’étude du piano dès l’âge de six ans, encouragé par sa mère pianiste et par son père pianiste et compositeur qui ont tous deux favorisé son apprentissage et le développement de ses dons perceptibles dès l’enfance. Sa formation commencée au CNR a été orientée vers une nouvelle exigence quant au toucher et une rigueur stylistique sans faille et s’est poursuivie au CNSM avec Jacques Rouvier puis dans la classe de Michel Beroff avec pour assistants Bertrand Chamayou et Laurent Cabasso, dont l’expérience et la hauteur de vue l’ont beaucoup enrichi. « L’éblouissement des concerts, ceux par exemple de Maurizio Pollini et Ivo Pogorelich, a également été une source essentielle d’enthousiasme pour le travail musical, tout autant que la découverte des grands enregistrements du passé, ceux de Richter, Horowitz, mais aussi Furtwängler ou Claudio Abbado, de la musique symphonique à l’opéra, Mozart et Wagner notamment. « Mon goût pour les avant-gardes m’a également conduit vers une écoute intense de la musique moderne et contemporaine, de Stravinsky à Stockhausen. Mes autres passions fixes que sont le cinéma, la littérature et surtout la philosophie sont absolument cruciales pour moi et ont certainement nourri ma recherche artistique », confie-t-il.
Lauréat de nombreux concours internationaux, invité au sein d’orchestres prestigieux, il a entamé une carrière précoce qui s’annonce des plus brillantes. Voici un artiste complexe, aux multiples facettes qui étonne et émerveille car outre la musique, la philosophie occupe une part importante de ses activités. Après un Premier Prix de Philosophie au Concours Général des Lycéens en 2013, il a soutenu en 2015 un Master en collaboration avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris sur la problématique de l’Art et de la Vérité. Mais sur le parcours intellectuel et artistique de cet esprit puissant, ouvert et curieux, le piano est au cœur de sa vie comme une vocation à accomplir.
Marguerite Haladjian
CP Franck Juery
Vendredi 9 octobre 2026, 20h30
Salle Gaveau, 45 rue la Boétie, 75008, Paris
Réservation : 01 48 24 16 97
