Le Premier ministre Nikol Pashinian s’est entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan au sujet des efforts visant à normaliser les relations turco-arméniennes lors d’un entretien téléphonique rapporté mardi soir, cinq jours avant les élections législatives en Arménie.
Ils ont également abordé des « questions régionales » non précisées, selon un communiqué officiel turc faisant état de cet entretien.
« Le président Erdogan a déclaré que la normalisation entre la Turquie et l’Arménie se poursuit avec des mesures visant à lancer le commerce direct », indique-t-il.
Le bureau de Pashinian a quant à lui déclaré que les deux dirigeants avaient souligné l’importance des mesures récentes, largement symboliques, prises par Ankara dans le cadre du processus de normalisation. Celles-ci comprennent la levée d’une interdiction turque de longue date sur les importations en provenance d’Arménie et l’autorisation des transports de marchandises turco-arméniens via la liaison ferroviaire entre la Géorgie et la Turquie. Pashinian a vanté ces mesures pendant sa campagne électorale.
La Turquie continue de subordonner l’ouverture de sa frontière avec l’Arménie à un accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan acceptable pour l’Azerbaïdjan. Elle reste réticente à mettre en œuvre un accord de 2022 visant à ouvrir la frontière aux détenteurs de passeports diplomatiques arméniens et turcs ainsi qu’aux citoyens de pays tiers.
Les médias turcs ont rapporté l’année dernière que l’accord serait probablement mis en œuvre en mars. Le quotidien Cumhuriyet a indiqué le mois dernier que l’ouverture partielle de la frontière était désormais prévue pour le 4 juin. Cependant, l’agence de presse officielle azerbaïdjanaise Azertaj a cité une source anonyme du ministère turc des Affaires étrangères qui a démenti cette information.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a évoqué les élections arméniennes prévues le 7 juin et a fait l’éloge de Pashinian dans ce contexte en janvier. Les dirigeants de l’opposition arménienne ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié de soutien de Fidan à Pashinian. Ils affirment depuis des années que Pashinian fait des concessions unilatérales à Ankara et à Bakou dans l’espoir de se maintenir au pouvoir. Le Premier ministre arménien et ses alliés politiques nient ces allégations.
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