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Pachinian évoque également la possibilité de « déplacer » des villages pour régler la question des enclaves

Aucun accord n’a été conclu à ce stade sur la question des enclaves et des exclaves, a de nouveau déclaré aujourd’hui le Premier ministre Nikol Pachinian, en réponse à une question d’Azatutyun. Il a une nouvelle fois présenté les différentes solutions envisageables, évoquant notamment la possibilité de « déplacer » des villages.
« Il s’agit, oui, des villages de Kyarqi, Barkhoudarlou, Sofoulou et Askipara [enclaves azerbaïdjanaises], autrement dit de ces entités, ainsi que d’Artsvashen [enclave arménienne] », a précisé Pachinian.
Hier, le Premier ministre avait déclaré que la question des enclaves et des exclaves serait réglée par un échange de territoires.
« Il ne doit pas y avoir d’enclaves ni d’exclaves de part et d’autre de la frontière. Cela signifie que l’Arménie et l’Azerbaïdjan doivent procéder à un échange de territoires de superficies exactement équivalentes », avait-il expliqué.
Aujourd’hui, Pachinian a détaillé ce qu’il entendait par la possibilité de « déplacer » des villages.
« L’idée est la suivante : une fois la délimitation de la frontière effectuée, il ne doit plus y avoir d’enclaves ni d’exclaves de part et d’autre. Je pense qu’il doit y avoir un village d’Artsvashen en Arménie. Il ne s’agit pas de supprimer la localité d’Artsvashen. Mais, par exemple, il existe entre Artsvashen et l’Arménie un territoire qui appartient à l’Azerbaïdjan. L’une des idées pourrait consister à déplacer le village d’Artsvashen avec son territoire, à le rapprocher, en le décalant un peu vers la droite, un peu vers la gauche ou en ligne droite, de manière à ce qu’il ne reste plus de territoire entre lui et l’Arménie », a expliqué le Premier ministre, précisant que le même principe s’appliquerait dans l’autre sens.
Pachinian a de nouveau souligné aujourd’hui que plusieurs solutions étaient envisageables pour régler la question des enclaves et des exclaves, notamment un échange de territoires.
« Ces scénarios ne sont pas nouveaux, ils ont déjà été discutés. Il s’agit de l’une des options à l’étude. J’ai le sentiment qu’en Arménie comme en Azerbaïdjan, l’idée qu’il faut trouver une solution de ce type prend de plus en plus corps. Car nous comprenons tous que l’autre scénario entraînerait de nombreux problèmes, notamment pour les habitants des villages concernés : comment franchiraient-ils la frontière ? Comment pourraient-ils aller et venir ? Et ainsi de suite. »
Le Premier ministre a également évoqué les implications juridiques d’une telle solution.
« Quelle forme cela prendrait-il sur les plans technique et juridique ? Dans un tel scénario, faudrait-il, par exemple, organiser un référendum ou non ? C’est une question qui nécessite une analyse juridique. Il faut d’abord procéder à la délimitation de la frontière et à la localisation précise des territoires. Nous devons connaître la superficie exacte d’Artsvashen afin de pouvoir apporter à cette question une solution appropriée, tant sur le plan juridique que politique », a-t-il souligné.
La question des enclaves et des exclaves revient régulièrement dans le débat public depuis la guerre de 44 jours de 2020.
Ces derniers mois, Nikol Pachinian a commencé à employer également le nom de « Kyarqi » pour désigner Tigranashen. Il affirme vouloir ainsi dédramatiser la question, afin d’éviter qu’elle ne devienne, à l’avenir, un motif d’escalade militaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Jusqu’à présent, Pachinian soutenait également qu’aucune discussion ni aucune décision n’avait été engagée avec Bakou concernant la question des enclaves et des exclaves.

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