L’Arménie et l’Azerbaïdjan devraient procéder à un échange de territoires afin de délimiter leur longue frontière dans le cadre d’un règlement global du conflit arméno-azéri, a déclaré mercredi 14 octobre le Premier ministre.
« Il ne devrait y avoir ni enclave ni exclave de part et d’autre de la frontière, a-t-il déclaré dans un message vidéo. En d’autres termes, les deux pays doivent procéder à un échange de territoires de taille exactement égale. »
Au début des années 1990, les forces arméniennes ont occupé trois enclaves qui étaient contrôlées par l’Azerbaïdjan à l’époque soviétique. La partie azerbaïdjanaise s’était alors emparée d’une enclave arménienne plus vaste, Artsvashen, ainsi que de vastes étendues de terres agricoles appartenant à des communautés frontalières de la province de Tavush, au nord de l’Arménie. Elle a occupé davantage de territoire arménien lors d’affrontements frontaliers en 2021 et 2022.
Bakou a jusqu’à présent nié contrôler le moindre territoire arménien, tout en exigeant la restitution des enclaves contrôlées par l’Arménie. Pachinian a cédé unilatéralement une zone frontalière voisine à l’Azerbaïdjan en 2024, déclenchant des manifestations antigouvernementales massives à Erevan. L’opposition l’a accusé ces derniers mois de prévoir d’autres concessions territoriales de ce type.
Évoquant ses contacts avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev en marge d’un sommet des anciens pays soviétiques au Turkménistan la semaine dernière, Pachinian a indiqué que Bakou était désormais disposé à envisager l’échange territorial qu’il préconise.
« J’ai le sentiment, à première vue, que nous avons l’occasion de donner une forme concrète à la paix, et nous nous attellerons à concrétiser cette opportunité dans un avenir proche », a-t-il déclaré.
Dans une vidéo similaire publiée mardi matin sur les réseaux sociaux, Pachinian a déclaré que son gouvernement allait désormais « se concentrer sur le processus de signature et de ratification du traité de paix paraphé avec l’Azerbaïdjan ».
Aliev subordonne la signature de ce traité à une modification de la Constitution arménienne qui, selon lui, revendique le Haut-Karabakh. Tout en rejetant publiquement cette condition préalable, Pachinian s’est engagé à promulguer une nouvelle Constitution acceptable pour Bakou.
Il a rencontré mardi en fin de journée des membres éminents de son parti, Contrat civil, pour discuter, selon un communiqué du parti, « des questions liées au projet de nouvelle Constitution ». Le communiqué n’a pas donné plus de détails.
Le projet doit être approuvé par au moins deux tiers des députés du Parlement arménien avant de pouvoir être soumis à un référendum. « Contrat civil » n’a pas obtenu cette majorité lors des élections législatives contestées qui se sont tenues le 7 juin. Les deux groupes d’opposition représentés à l’Assemblée nationale se sont engagés à faire échouer l’adoption de la nouvelle constitution, qu’ils qualifient d’imposée par Bakou.
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