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Magnifique soirée d’hommage à Garbis Aprikian, le 16 octobre à la salle Cortot

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par

©armenews.com

Il était né en 1926 et nous a quitté en 2024. Le Maestro Garbis Aprikian aurait eu 100 ans cette année ! À cette occasion, une soirée d’hommage exceptionnel s’est déroulée à la Salle Cortot, afin de célébrer la mémoire, la vie et l’œuvre de cette figure magistrale de la musique arménienne en diaspora. Né à Alexandrie et arrivé en France en 1953 grâce à une bourse d’études, le compositeur s’était formé à l’École Normale de Musique de Paris avant d’intégrer la classe d’Olivier Messiaen au Conservatoire, une rencontre décisive qui allait structurer toute son esthétique.

Tout au long de son parcours, et particulièrement à la tête du chœur Sipan-Komitas qu’il a dirigé avec passion de 1953 à 2009, Garbis Aprikian s’est attaché à faire rayonner le répertoire populaire arménien à travers l’Europe. Sa démarche, guidée par la volonté d’offrir une « traduction noble » des mélodies traditionnelles, reposait sur une alliance unique : mettre la rigueur et la richesse harmonique de l’écriture occidentale au service de la poésie et de la mémoire de son peuple.

La soirée a été brièvement introduite par Ara Aprikian, qui a initié cet hommage à son père aux côtés de son frère Gorune, également présent.

La première partie de la soirée a mis en lumière la jeune génération et la transmission de cet héritage musical. Les lauréats de la bourse « Garbis Aprikian – 100ᵉ anniversaire » — la soprano Mia Malesia et le pianiste-compositeur Cristian Monti, accompagnés par la basse Stanislas de la Vergne — ont interprété de remarquables transcriptions d’extraits de La Naissance de David de Sassoun, l’un des oratorios majeurs du Maestro. Leurs réarrangements ont témoigné avec ferveur de la vitalité de sa musique au sein même de l’École Normale de Musique où il avait fait ses premiers pas parisiens.

En seconde partie, le public a retrouvé le trio d’exception réuni autour du projet Mayrig : Eva Zaïcik (mezzo-soprano), David Haroutunian (violon) et Xénia Maliarévitch (piano). À travers un programme d’une grande sensibilité poétique, les trois complices ont fait voyager l’auditoire entre les chefs-d’œuvre du père Komitas, d’Hakob Aghabab et les plus belles pages d’Aprikian — de la suite des Nuits arméniennes à Apégha’n, en passant par le poignant Lamento et la Petite suite nuptiale.

Sublimées par les arrangements sur mesure de Nicolas Worms, mais aussi d’Avet Gabrielian et Sergueï Aslamazyan, Chaque pièce a résonné avec une élégance et une profondeur magnifiées par l’acoustique intimiste de la Salle Cortot.
Ce concert hommage aura magnifiquement célébré le centenaire d’un passeur de culture hors du commun, dont l’empreinte artistique et humaine demeure profondément vivante.

Lena Ichkhan

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