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Les élus d’Erevan ne sont ni démis de leurs fonctions ni poursuivis en justice après une bagarre

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©armenews.com

Les forces de l’ordre n’ont engagé aucune poursuite pénale contre les responsables de l’administration municipale d’Erevan qui ont été filmés mardi 23 juin en train d’agresser des membres de l’opposition au sein du conseil municipal.

Une séance du conseil a dégénéré en chaos lorsque plusieurs de ses membres, représentant le parti au pouvoir « Contrat civil » et le bloc d’opposition « Mayr Hayastan », en sont venus aux mains après s’être mutuellement accusés de fraude à la suite des élections législatives du 7 juin.

Les conseillers municipaux pro-gouvernementaux ont été rejoints par un plus grand nombre d’autres hommes, apparemment des fonctionnaires municipaux, avant que la bagarre ne se poursuive dans un couloir adjacent. Des images diffusées par plusieurs médias ont montré Avet Babayan, le chef par intérim du service municipal chargé de l’ordre public, en train de frapper Grigor Iskandarian, de Mayr Hayastan, en présence du maire Tigran Avinian.

Dans le même temps, plusieurs autres hommes se sont ligués contre Sargis Ter-Yesayan, de Mayr Hayastan. Quelques instants plus tard, celui-ci a été projeté au sol par Arsen Makventsian, le chef d’un service municipal chargé des sports et de la jeunesse. Ter-Yesayan s’est retrouvé avec des contusions au visage et a reçu des soins médicaux à l’hôpital plus tard dans la journée.

Les médecins de l’hôpital ont alerté la police de ses blessures avant qu’un autre organisme chargé de l’application de la loi, le Comité d’enquête, n’annonce l’ouverture d’une enquête pénale officielle sur ces violences. Mercredi soir, aucune inculpation ni même aucun interrogatoire n’avait encore eu lieu.

Les chefs de service violents et les autres responsables n’ont pas non plus été licenciés ni sanctionnés, M. Avinian et son adjoint, Armen Pambukhchian, rejetant la responsabilité sur les conseillers municipaux de l’opposition.

« On vous écorchera vifs », a crié le maire d’Erevan juste après l’incident, faisant référence aux dirigeants de l’opposition qu’il accuse d’avoir acheté des voix lors des élections législatives.

Ter-Yesayan a rétorqué que c’était le parti au pouvoir lui-même qui avait provoqué les violences dans le but d’intimider la minorité d’opposition au sein du conseil. Il a affirmé que bon nombre des fonctionnaires auteurs de violences travaillaient pour le service municipal chargé de l’ordre public.

Babayan, le chef de service par intérim, a été accusé d’avoir organisé une agression violente contre un journaliste proche de l’opposition il y a moins d’un an. Ce journaliste, Hakob Karapetian, a été passé à tabac par un homme masqué deux semaines après avoir critiqué la municipalité sur les réseaux sociaux. Il a déclaré que Babayan avait répondu à ces critiques par des insultes et des menaces de violence.

Avinian avait alors adressé une « réprimande sévère » à Babayan et l’avait mis en congé. Le fonctionnaire avait repris ses fonctions quelques semaines plus tard.

 

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