Le défenseur des droits de l’homme d’Azerbaïdjan a réagi à la requête de Rouben Vardanian, ancien ministre d’État du Haut-Karabakh, condamné à vingt ans de prison à Bakou.
Le médiateur azerbaïdjanais a affirmé que les droits des détenus d’origine arménienne étaient garantis sans discrimination, rapporte l’agence azerbaïdjanaise APA, citant le service de presse du bureau de l’ombudsman.
La veille, Rouben Vardanian avait saisi le défenseur des droits de l’homme d’Azerbaïdjan et dressé la liste de plusieurs violations qui, selon lui, contreviennent en premier lieu à la législation azerbaïdjanaise elle-même. Se référant au « Code d’exécution des peines et au livret sur les droits des détenus », il a souligné que ces droits devaient être respectés indépendamment de la nature des accusations, de la nationalité, de l’appartenance religieuse ou de la citoyenneté.
Rouben Vardanian avait proposé à l’ombudsman azerbaïdjanais de rencontrer les prisonniers et de veiller au respect des lois du pays : « Peu importe combien de temps nous resterons encore à Umbaki. Je vous demande de respecter vos propres lois. »
Le médiateur azerbaïdjanais a de son côté affirmé que les « allégations diffusées sur des sites internet au nom de personnes condamnées pour des crimes graves sont infondées, ne correspondent pas à la réalité et servent des objectifs politiques partisans ».
Parmi les problèmes soulevés, Rouben Vardanian a également évoqué l’absence d’appels téléphoniques hebdomadaires pour certains détenus et l’impossibilité d’effectuer des appels vidéo, si bien que certains d’entre eux n’ont pas vu leurs enfants depuis près de trois ans. Il a aussi dénoncé l’impossibilité de passer des examens médicaux, même à leurs propres frais, ainsi que le refus de services notariaux, empêchant notamment l’établissement de procurations au nom de proches.
Il a également fait état d’une limitation des exercices physiques à une seule séance hebdomadaire de 20 à 40 minutes, au lieu de l’heure quotidienne prévue, ainsi que de l’absence de réponses écrites aux requêtes et aux plaintes.
Le bureau du médiateur a affirmé que les détenus bénéficiaient de possibilités de téléphoner, de se promener, de pratiquer une activité sportive et d’organiser leur temps de repos, ainsi que des services médicaux et notariaux nécessaires : « La demande d’Araïk Haroutiounian concernant des services notariaux a été satisfaite et ce processus a été observé sur place par les membres du groupe national de prévention de l’ombudsman. »
Rouben Vardanian, qui n’a jamais occupé de fonction militaire, a été reconnu coupable par un tribunal de Bakou de plusieurs crimes graves, notamment de guerre contre l’Azerbaïdjan, de financement du terrorisme et de déplacement forcé de populations. Vardanian a qualifié la procédure non pas de procès, mais de « farce ».
Dix-neuf prisonniers arméniens sont actuellement détenus dans les prisons azerbaïdjanaises. Ils ont été condamnés à des peines allant de quinze ans de prison à la réclusion à perpétuité.
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