Comment Hikmet Hajiyev aurait-il pu savoir qu’au village de Vank, il présentait aux ambassadeurs étrangers accrédités en Azerbaïdjan des reproductions de manuscrits appartenant au patrimoine manuscrit de l’Artsakh dans les vitrines mêmes qui faisaient autrefois partie de l’ancienne exposition du Musée-Institut du génocide arménien ?
En 2013, j’avais fait don de ces vitrines au Matenadaran afin qu’elles servent à exposer, à proximité du monastère de Gandzasar, des reproductions de pièces du patrimoine manuscrit de l’Artsakh.
Quelle ironie du sort : c’est dans ces mêmes vitrines qu’étaient autrefois présentés les documents officiels des pays ayant reconnu le génocide arménien — ces mêmes pays dont les ambassadeurs se sont montrés si vivement émus par les « découvertes » historiques de Hajiyev.
Quelle ironie, et quelle honte à l’égard de la mémoire et du patrimoine de leurs propres pays.
Et le directeur du Matenadaran, Araïk Khzmalyan, ne souhaiterait-il pas, à son tour, inviter les diplomates accrédités en République d’Arménie au Matenadaran afin de leur montrer les originaux des manuscrits provenant des centres de conservation de l’Artsakh — ces manuscrits dont les reproductions ont suscité tant d’émotion et d’excitation chez Hikmet Hajiyev ?
