Un nouvel effondrement s’est produit dans le bâtiment de l’ancien foyer d’usine de Gyumri, classé comme gravement dangereux. Les dix familles qui y vivent s’endorment et se réveillent chaque jour dans la crainte d’une nouvelle catastrophe.
« C’est un foyer de l’enfer », se lamente Silva Sakanian, 72 ans, qui habite depuis 37 ans dans cet immeuble extrêmement dégradé.
Lors des fortes pluies, les habitants sont contraints d’abandonner toutes leurs occupations pour évacuer eux-mêmes l’eau de pluie. Bien qu’il n’ait pas plu depuis deux jours, des infiltrations et une forte humidité persistent à l’intérieur du bâtiment.
L’an dernier, le conseil municipal de Gyumri avait décidé de financer, sur le budget de la ville, les travaux de consolidation de l’immeuble et de prendre en charge le loyer des quelque dix familles concernées pendant la durée des travaux, afin qu’elles puissent réintégrer leur logement une fois les réparations achevées.
Près d’un an plus tard, les habitants attendent toujours, sans grand espoir.
Ayant perdu confiance dans les autorités locales, ils s’adressent désormais au gouvernement et directement au Premier ministre, qu’ils invitent à venir constater de ses propres yeux les conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent, dans un immeuble qui ne dispose même pas d’eau potable ni d’un réseau d’assainissement.
« La solution dépend du gouvernement. Lui seul peut résoudre notre problème. Je demande à M. Pachinian de nous sortir de cette situation. Nous vivons dans des conditions terribles. Ici, il n’y a que des personnes malades, des personnes handicapées et des familles avec enfants », déclare l’un des habitants.
Interrogé par Radio Azatutyun, le vice-maire de Gyumri, Avetis Arakelian, a indiqué que le projet de rénovation était désormais prêt. Selon lui, un appel d’offres sera prochainement lancé pour sélectionner l’entreprise chargée des travaux, et la question du relogement des habitants sera réglée à ce moment-là.
Il convient de noter qu’il y a environ sept mois, la mairie avait déjà donné exactement la même réponse à Azatutyun.
« Le projet est entièrement prêt. Nous procédons actuellement à quelques ajustements, car son coût s’est révélé plus élevé que prévu. Si je ne me trompe pas, il concerne 46 appartements. Nous lancerons la première phase des travaux dès cette année », a déclaré Avetis Arakelian.
À la question de savoir quand les habitants seraient effectivement relogés, il a répondu :
« Dès que l’appel d’offres sera publié et qu’une entreprise sera retenue, nous commencerons le transfert des habitants. »
En revanche, le gouvernement n’a toujours pas approuvé le programme de subventions destiné à la construction de cent logements pour les familles sans domicile. Le projet lui a été transmis il y a plusieurs mois, mais la municipalité n’a toujours reçu aucune réponse. Le vice-maire affirme lui-même ignorer les raisons de ce retard.
Ces deux programmes permettraient de résoudre le problème du logement d’environ 150 familles.
Au total, l’État s’est engagé à indemniser 596 familles reconnues comme sans logement à Gyumri.
Lors d’une réunion tenue cette semaine au gouvernement, la question des immeubles dangereux de Gyumri a également été évoquée. La ville compte 88 bâtiments classés comme menaçant ruine, dont la grande majorité est encore habitée.
Le bureau du Premier ministre n’a toutefois pas précisé de quelle manière ce problème serait résolu, ni quel financement serait nécessaire. Il s’est borné à rappeler que certains de ces bâtiments présentent une valeur historique et patrimoniale, ce qui impose des approches différenciées selon les cas.
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