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Aram Vardevanyan nommé vice-président du Parlement arménien par Arménie

La nouvelle Assemblée nationale d’Arménie, issue des élections législatives du 7 juin, a été inaugurée le 2 août, sous la présidence de Ruben Rubinyan, qui venait d’être nommé à ce poste par le parti majoritaire Contrat civique, vainqueur contesté du scrutin, en remplacement d’Alen Simonian, qui assurait avant lui la présidence du Parlement et espérait la garder. Le paysage législatif n’a pas vraiment changé, à part ce nouveau président, qui est comme Simonian un proche de Pachinian, qui venait d’ailleurs d’être réélu sans surprise premier ministre, à la tête d’un gouvernement lui aussi assez proche du précédent. Dans son discours inaugural depuis le perchoir de l’hémicycle arménien, Ruben Rubinyan a pourtant laissé entendre qu’il était prêt à mener une autre politique à la présidence de l’Assemblée, et à dialoguer de manière civile et civique avec les membres de l’Assemblée appartenant à l’opposition, pourvu qu’ils soient prêts comme lui, à écrire « une page vierge » avec cette nouvelle législature, en oubliant les querelles brutales du passé. Des promesses qui peuvent prêter au scepticisme, Rubinyan ayant tout comme Simonian, défrayé la chronique parlementaire et politique par ses provocations visant les opposants, et il n’a d’ailleurs pas manqué d’agiter la menace d’un retour aux bonnes vieilles méthodes du passé si l’opposition, représentée au Parlement dans des proportions qui ont déçu le parti Contrat civique au pouvoir, se montrait trop agressive.

Si elle a été déboutée, comme elle s’y attendait d’ailleurs, de sa procédure auprès de la Cour constitutionnelle visant à contester les résultats officiels des élections du 7 juin, entachées selon elle d’irrégularités, l’opposition se montre prête toutefois à jouer le jeu. Résistant aux pressions d’une partie de leurs bases, qui appelaient à un boycott du Parlement et à des campagnes de manifestation contre Pachinian, les groupes Arménie forte, du milliardaire russo-arménien Samvel Karapetian et Hayastan, de l’ex-président Robert Kotcharian, ont préféré siéger dans un Parlement où ils comptent respectivement 29 et 12 députés, décidés à mener la vie dure aux 64 députés du Contrat civique, et se réservant l’option, si nécessaire, d’une campagne de manifestations.

En attendant, le leader du groupe Arménie forte Narek Karapetyan a annoncé lundi 3 août lors d’un point de presse avec les journalistes, la nomination de Aram Vardevanyan au poste de vice-président du Parlement. Une décision qui aurait été prise en raison de son expérience professionnelle, a-t-il précisé en répondant à la question d’un journaliste sur les motifs de ce choix. « L’expérience et le professionnalisme. C’est l’un des meilleurs professionnels, et pour un député, c’est l’un des principaux critères”, a déclaré Karapetyan.

L’Assemblée nationale a trois vice-présidents, dont un nommé parmi les députés représentant les groupes d’opposition.

Les vice-présidents sont élus séparément lors de votes à bulletins secrets, nécessitant le soutien d’une majorité ou du nombre total des députés.

Peu avant, le Contrat civique avait annoncé qu’il nommerait Hayk Konjoryan et Vahagn Aleksanyan pour les deux autres postes de vice-présidents attribués au parti majoritaire. Konjoryan, qui présidait le groupe parlementaire du Contrat civique dans la précédente législature, fait en tout cas une entrée remarquée dans le nouveau Parlement, avec les soupçons de corruption qui pèsent sur son épouse, Shushan Aleksanian. Citant sa déclaration de revenus, le Service arménien de RFE/RL avait révélé la semaine dernière qu’elle percevait pas moins de 3,6 millions de drams (environ 10 000$) par mois en sa qualité de dirigeante de la compagnie publique des postes arméniennes, Haypost. Alors que l’opposition et les détracteurs du pouvoirs demandent des comptes au futur vice-président du Parlement pour ce salaire exorbitant au regard du niveau de vie arménien, Konjoryan a souligné lundi qu’il n’était pas le fruit de la prodigalité du pouvoir ou de la corruption, comme l’affirment les députés de l’opposition.

 

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