Dans un contexte de tensions accrues avec l’Arménie, le Conseil de sécurité russe a de nouveau évoqué mardi la décision du gouvernement arménien d’adhérer à une juridiction internationale qui avait émis un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe Vladimir Poutine en 2023.
Il y a trois ans, le Parlement arménien a ratifié le traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), également connu sous le nom de Statut de Rome, malgré les avertissements sévères de la Russie. La Cour constitutionnelle arménienne a donné son feu vert à cette ratification en mars 2023, une semaine après que la CPI eut émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Poutine pour des crimes de guerre qu’il aurait commis lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Traduire l’Azerbaïdjan en justice pour ses crimes de guerre contre les Arméniens et empêcher de nouvelles attaques azerbaïdjanaises contre l’Arménie constituaient la principale justification officielle de la ratification initiée par le gouvernement du Premier ministre Nikol Pashinian. Les responsables politiques de l’opposition arménienne ont fait valoir que l’Azerbaïdjan n’était pas partie au Statut de Rome et qu’il ignorerait donc toute décision de la CPI favorable à l’Arménie. Selon eux, le véritable objectif de l’adhésion à la Cour est de creuser un nouveau fossé entre la Russie et l’Arménie et de marquer des points auprès de l’Occident.
Depuis lors, Erevan n’a intenté aucune action en justice contre Bakou devant la CPI. La ville a en effet pratiquement exclu cette possibilité l’année dernière, lors de la signature d’un traité de paix entre les deux parties azerbaïdjanaises, qui engage ces deux pays du Caucase du Sud à retirer les plaintes internationales qu’ils ont déposées l’un contre l’autre.
« À ma connaissance, les autorités arméniennes n’ont pas encore saisi la justice ni ouvert d’enquête », a déclaré un porte-parole du Conseil de sécurité russe dans des propos rapportés par les agences de presse russes.
Ce responsable, qui a souhaité garder l’anonymat, a affirmé qu’Erevan avait décidé de se soumettre à la juridiction de la CPI à la demande de l’Union européenne. Le tribunal de La Haye a démontré à maintes reprises sa « volonté d’exécuter les ordres politiques de ses commanditaires occidentaux », a déclaré ce responsable.
Le secrétaire du Conseil de sécurité, Sergueï Choïgou, a classé l’adhésion de l’Arménie à la CPI parmi les mesures « hostiles » prises par le gouvernement de Pashinian lors d’une réunion au Kremlin en mai. Les autorités russes ont interdit les importations de produits agricoles et de boissons arméniens dans les semaines qui ont suivi. Elles ont également menacé l’Arménie de sanctions économiques plus sévères.
Poutine et Pashinian devraient se rencontrer à Moscou dans le courant de l’année pour poursuivre leurs discussions sur l’avenir des relations russo-arméniennes. Erevan subit une pression croissante de la part de la Russie pour qu’elle choisisse rapidement entre une adhésion à l’Union européenne et le maintien au sein d’un bloc économique dirigé par la Russie.
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