Même si la question de la fluidification de la circulation et de la réduction des embouteillages à Erevan ne figurait pas comme un point distinct à l’ordre du jour de la séance du Conseil municipal, c’est bien ce sujet qui a donné lieu aux discussions les plus importantes et les plus tendues.
Le maire adjoint chargé des transports, Suren Grigoryan, a d’abord annoncé que de nouvelles caméras seraient prochainement installées aux entrées de la ville ainsi qu’aux accès du Petit Centre. Elles permettront de compter le nombre de véhicules entrant dans Erevan et dans le centre-ville, afin que les décisions soient ensuite prises sur la base de données précises.
Les feux de circulation doivent également être modernisés et, à terme, régulés à l’aide de l’intelligence artificielle. La municipalité souhaite aussi réduire le nombre de voitures entrant dans Erevan en construisant des parkings en périphérie de la capitale.
« L’idée générale vers laquelle se dirige la municipalité d’Erevan est que les transports publics doivent devenir le principal moyen de déplacement rapide », a déclaré Grigoryan.
Selon lui, le nouveau Centre de gestion du trafic d’Erevan collecte déjà des données sur la circulation afin que les décisions futures soient mieux fondées. Il a comparé cette démarche au domaine médical.
« Je savais, par exemple, que M. Zarokyan allait certainement intervenir aujourd’hui pour dire que nous avons besoin d’un ingénieur spécialisé dans la circulation. Cette affirmation est tout à fait juste. Mais, pour prendre une analogie, même lorsqu’une personne consulte le médecin le plus qualifié au monde, le médecin doit d’abord recueillir un certain nombre de données », a-t-il expliqué.
La prédiction de Suren Grigoryan s’est effectivement réalisée. Pedro Zarokyan, membre du groupe d’opposition « Progrès national », a pris la parole et vivement critiqué le nouveau « Centre de gestion du trafic d’Erevan », affirmant qu’il n’y avait pas de véritables spécialistes et que ceux qui y travaillaient avaient été recrutés grâce à leurs relations.
Ses propos ont provoqué la colère du maire Tigran Avinyan, qui lui a retiré la parole : « Si vous continuez à ouvrir votre bouche de manière indécente et arrogante, vous serez très sévèrement sanctionné, M. Zarokyan. Je vous adresse un avertissement et je vous retire le droit de parole. »
Au cours de cette séance, le maire Avinyan ne s’est d’ailleurs pas seulement emporté contre l’élu d’opposition, mais également contre la réponse de son propre adjoint.
Pour réduire le trafic, la circulation des transports régionaux à l’intérieur d’Erevan devrait être interdite. Les autobus venant des régions devraient tout au plus rejoindre une gare routière, sans se mêler à la circulation urbaine.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les transports régionaux circulent encore dans les rues de la capitale, Suren Grigoryan a expliqué que la question ne relevait pas uniquement de la municipalité. Une réponse qui a suscité une réaction ferme de Tigran Avinyan : « Monsieur Grigoryan, nous avons eu une discussion très précise sur ce sujet et j’ai donné des instructions très claires. Cela relève bien de notre compétence : les transports régionaux ne doivent pas assurer de transport de passagers à l’intérieur d’Erevan. »
Les élus d’opposition estiment pour leur part que certaines décisions de la municipalité manquent de logique : selon eux, il faudrait d’abord créer des alternatives satisfaisantes pour les habitants avant de mettre en place des interdictions.
Le conseiller municipal Vahan Avagyan a ainsi déclaré : « La priorité devrait être de doter Erevan d’une rocade de contournement. Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons discuter de ces parkings à l’entrée de la ville, car j’ai le sentiment qu’ils pourraient eux aussi devenir payants. »
Hovsep Kubatyan, du groupe Progrès national, a également souligné que la création de toutes les infrastructures nécessaires et l’achat d’un nombre suffisant d’autobus nécessiteraient des sommes considérables, sans que l’on sache encore d’où viendrait cet argent.
Une autre élue du même groupe, Izabella Abgaryan, a estimé qu’Erevan ne disposait pas aujourd’hui d’un système de transports publics suffisamment attractif pour convaincre les habitants de renoncer à leur voiture.
Selon elle, prendre des décisions fondées sur des données est certes une bonne chose, mais avant d’attendre la collecte et l’analyse de ces données ou de recourir à l’intelligence artificielle, la municipalité pourrait aussi utiliser « le simple bon sens » pour résoudre certains problèmes évidents qui nécessitent des solutions immédiates.
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