Vendredi, un tribunal d’Erevan a prolongé de deux mois la détention provisoire de Gagik Tsarukian, un homme politique et riche homme d’affaires poursuivi notamment pour fraude, évasion fiscale et blanchiment d’argent, accusations qu’il rejette en les qualifiant de motivées par des considérations politiques.
M. Tsarukian a d’abord été inculpé pour fraude à l’encontre de partenaires commerciaux iraniens. Le parquet a ensuite ajouté d’autres chefs d’accusation à l’acte d’accusation.
Son arrestation est survenue quelques semaines après que son parti, « Arménie prospère », a manqué de peu le seuil d’éligibilité pour entrer au Parlement lors des élections du 7 juin, affirmant avoir été privé de sièges à la suite d’une décision controversée de la Commission électorale centrale.
Au cours de la campagne électorale, le Premier ministre Nikol Pashinian a accusé à plusieurs reprises Tsarukian et d’autres figures de l’opposition d’être des « bellicistes » et des « agents d’influence étrangère ». Il s’est engagé à les poursuivre en justice et à les faire emprisonner après sa réélection.
L’arrestation et les poursuites judiciaires à l’encontre de Tsarukian se sont accompagnées d’une vague de mesures répressives visant ses actifs commerciaux. Les forces de l’ordre ont mené des perquisitions dans plusieurs sociétés lui appartenant, suspendant ainsi leurs activités.
Le gouvernement a ensuite nommé ses propres dirigeants à la tête d’une cimenterie et d’une distillerie de brandy appartenant à Tsarukian, tandis que son centre de bien-être à Erevan a été repris par les autorités municipales. Le complexe sportif du Comité national olympique, également présidé par Tsarukian, reste fermé.
Le Tribunal anticorruption a également accepté récemment d’examiner une plainte déposée par le parquet visant à faire annuler une vente aux enchères de 2003 portant sur un terrain situé dans le village d’Arinj, au nord-est d’Erevan, sur lequel se trouve la demeure de Tsarukian.
Dans le cadre d’une autre action en justice, le parquet cherche à faire annuler une vente aux enchères datant de 2015 portant sur un terrain appartenant aujourd’hui à la famille Tsarukian, sur lequel se trouve un centre commercial à Arinj.
Les alliés et les partisans de Tsarukian qualifient ces mesures de persécution politique.
Le Premier ministre Pashinian a défendu à plusieurs reprises les actions des forces de l’ordre, les qualifiant de mesure s’inscrivant dans le cadre des efforts déployés par son gouvernement pour lutter contre la corruption.
Des arrestations et des mesures de saisie d’avoirs ont récemment été prononcées à l’encontre de l’ancien président Robert Kocharian et de membres de sa famille, ainsi que de l’ancien directeur du Comité des recettes publiques, Gagik Khachatrian.
« Que tous les fonctionnaires corrompus, anciens comme actuels, sachent que chacun d’entre eux devra répondre de ses actes », a déclaré M. Pashinian lors d’un point presse hebdomadaire jeudi.
« Ceux qui ont détourné des fonds de la République d’Arménie doivent être littéralement dépossédés », a-t-il ajouté.
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