Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Sans surprise, la cour d’appel de Bakou confirme les verdicts énoncés contre les anciens dirigeants arméniens du Karabakh

Condamnés à des peines d’emprisonnement extrêmement lourdes au terme d’un an de procès dénoncés comme une « parodie de justice » par les organisations internationales de défense des droits humains, la dizaine d’anciens dirigeants arméniens du Karabakh qui croupissent dans les geôles d’une prison de Bakou depuis leur capture par l’armée azérie à laquelle ils tentaient d’échapper en se réfugiant vers l’Arménie, comme l’ensemble de la population arménienne chassée de sa terre ancestrale reconquise par le régime azéri après l’offensive massive des 19-20 septembre 2023, ne pouvaient guère espérer de la cour d’appel de Bakou qu’elle corrige ne serait-ce qu’un peu l’injustice dont ils sont victimes. Comme prévu, la cour d’appel de Bakou, sollicitée dans une procédure s’inscrivant dans ce simulacre de justice orchestré par le très autoritaire président Aliev, n’a fait que confirmer lundi 6 août, les verdicts énoncés contre les anciens dirigeants du Karabakh et d’autres Arméniens détenus illégalement en Azerbaïdjan. L’agence de presse d’Azerbaïdjan APA a rendu compte des audiences consacrés aux appels interjetés dans la journée de lundi par les prisonniers de guerre et autres détenus.

Le 5 février 2026, un tribunal de Bakou avait condamné les prisonniers arméniens à des peines d’emprisonnement sur la base d‘accusations forgées de toutes pièces, s’appuyant sur de prétendus crimes de guerre, accusations qu’ils ont tous récusées avec véhémence et qui ont contribué à discréditer comme une ‘mascarade’ le procès qui leur était intenté et la machine judiciaire qui l’avait rendu possible.

La cour martiale azerbaïdjanaise avait condamné à la perpétuité l’ancien président du Karabakh Arayik Harutyunyan, l’ancien commandant de l’armée de défense Levon Mnatsakanyan, son ancien commandant en second Davit Manukyan, l’ancien président du Parlement Davit Ishkhanyan, ainsi que l’ancien ministre des affaires étrangères Davit Babayan.

Les anciens présidents du Karabakh Arkady Ghukasyan et Bako Sahakyan ont écopé de peines en apparence moins lourdes, mais eu égard à leur âge avancé, les 20 ans de prison qui leur ont été infligés relèvent de la perpétuité.

Les autres prisonniers détenus en toute illégalité — Madat Babayan, Melikset Pashayan, Garik Martirosyan, Davit Allahverdyan, Levon Balayan, Vasili Beglaryan, Gurgen Stepanyan, et Erik Ghazaryan — se sont vus infliger des peines allant de 15 à 19 ans de prison.

Quant à l’ancien ministre d’Etat et philanthrope Ruben Vardanyan, qui n’a exercé son mandat que quelques semaines aux heures les plus critiques du Karabakh, entre fin 2022 et début 2023, après avoir renoncé à sa citoyenneté russe et au train de vie luxueux que lui assurait sa fortune amassée en Russie, il a été jugé séparément des autres prisonniers. Il a été condamné à 20 ans de prison, une sentence qui ne sera pas confirmée en appel par une justice azérie dont il ne pouvait attendre aucune clémence, alors qu’il a, plus encore que ses codétenus, dénoncé les conditions de détention et l’injustice subie, tant de la part de Bakou que des autorités d’Erevan, dont il n’a pas manqué de souligner le peu d’empressement à plaider leur cause, dans les nombreux messages qu’il a pu diffuser par l’entrelise de ses proches lors des rares contacts ou visites. Contrairement à ses codétenus, Ruben Vardanyan ne s’est en effet pas pourvu en appel, refusant de jouer le cynique de la justice azérie. Ses codétenus pourtant n’y croient pas davantage, mais s’ils ont engagé cette  procédure en appel, comme le soulignait en juin Ishkhanian, c’est tout simplement pour préparer leurs procédures à venir devant les tribunaux internationaux, une fois épuisés tous les recours de la machine judiciaire de Bakou.

Nos lecteurs ont lu aussi