Lors du 4ᵉ Forum mondial des médias organisé à Chouchi, ville du Haut-Karabakh vidée de sa population arménienne depuis l’offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023, Hikmet Hajiyev, conseiller diplomatique du président Ilham Aliev, s’est livré à une nouvelle charge contre la presse internationale. Dans une intervention relayée le 14 juillet par Caliber.az, média proche du pouvoir azerbaïdjanais, il a dénoncé ce qu’il considère comme des « préjugés » persistants à l’égard de l’Azerbaïdjan.
Selon Caliber.az, M. Hajiyev a affirmé que les conflits modernes ne se jouaient plus seulement sur le terrain militaire, mais aussi dans le domaine de l’information. Il a estimé que Chouchi constituait le lieu idéal pour accueillir ce forum, compte tenu, selon lui, du rôle croissant de l’Azerbaïdjan dans la région et dans le paysage médiatique.
Le conseiller présidentiel a regretté que, malgré les négociations engagées avec l’Arménie et les accords conclus entre les deux pays, « certains médias internationaux continuent de publier des articles partiaux et problématiques ». Revenant sur le conflit du Haut-Karabakh, il a affirmé que, pendant de nombreuses années, la presse internationale avait cherché à présenter l’Azerbaïdjan comme « le coupable » du conflit.
« Notre seul objectif était de rétablir notre souveraineté, ce que nous avons réussi à faire. Néanmoins, les préjugés à l’égard de l’Azerbaïdjan ont continué de persister dans les médias internationaux », a-t-il déclaré, cité par Caliber.az.
Ces déclarations interviennent alors que l’offensive militaire lancée par Bakou en septembre 2023 a provoqué l’exode de la quasi-totalité des quelque 100 000 Arméniens qui vivaient encore au Haut-Karabakh. Cette disparition quasi totale d’une population présente depuis des siècles dans la région a été largement documentée par les médias internationaux, ainsi que par de nombreuses organisations de défense des droits humains, qui ont qualifié ces événements de nettoyage ethnique.
Dans ce contexte, les propos de Hikmet Hajiyev reviennent à s’étonner que la presse internationale ait rendu compte d’un nouvel épisode de l’effacement de la présence arménienne dans cette région, alors même que celle-ci n’a cessé de se réduire depuis plus d’un siècle et demi sous l’effet des coups de boutoir du panturquisme (génocide, massacres, déplacements forcés spoliations, occupation de territoires).
Paul Nazarian
