Lundi, un haut diplomate russe a mis en doute la capacité du gouvernement arménien à ouvrir un corridor de transit géré par les États-Unis à destination de l’Azerbaïdjan sans le consentement de la Russie et de l’Iran.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a réaffirmé la volonté de Moscou de jouer un rôle dans le projet de « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP), qui longerait la frontière arméno-iranienne.
« La “Route Trump” traversera une zone surveillée par des gardes-frontières russes, qui assurent depuis des décennies la surveillance des frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Iran aux côtés de leurs homologues arméniens », a-t-il déclaré à RTVI, une chaîne de télévision en langue russe. « D’une manière ou d’une autre, l’avis de la Russie devra donc être pris en compte, tout comme celui de l’Union économique eurasienne (UEE). Nous estimons donc que la participation de la Russie ne pourrait qu’être bénéfique pour le projet. »
Le Premier ministre Nikol Pashinian a donné son accord à cet accord de transit lors de ses entretiens avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, organisés par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche en août dernier. Bien que cet accord soit considéré par les analystes comme un nouveau coup porté à la présence russe en Arménie, la réaction initiale de la Russie a été plutôt prudente. Moscou a indiqué par la suite qu’elle souhaitait s’impliquer dans le TRIPP.
Erevan est d’autant moins susceptible d’accepter une telle implication qu’elle est actuellement confrontée à une pression économique et politique russe sans précédent en raison de sa politique étrangère pro-occidentale. Moscou a interdit les importations de produits agricoles et de boissons arméniens et a menacé d’imposer davantage de sanctions économiques à l’approche des élections législatives arméniennes du 7 juin.
Trump a évoqué l’engagement de Pashinian envers le TRIPP lorsqu’il a apporté son soutien au Premier ministre arménien en vue de sa réélection le 28 mai. En vertu d’un accord américano-arménien signé dans les jours qui ont suivi, le gouvernement américain doit acquérir une participation de 74 % dans une coentreprise chargée de construire et de gérer une ligne ferroviaire, une route, des lignes d’approvisionnement en énergie et d’autres infrastructures reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan.
M. Galuzin a affirmé que les perspectives de mise en œuvre du projet TRIPP étaient « incertaines », notamment en raison de l’opposition de l’Iran.
« Je pense qu’après l’agression non provoquée contre l’Iran par les États-Unis et Israël, il est peu probable que l’Iran se réjouisse de la présence des États-Unis d’Amérique juste à sa frontière nord », a-t-il déclaré.
Téhéran avait déjà exprimé ses inquiétudes concernant le TRIPP avant même le début de la guerre. Les diplomates iraniens ont réitéré ces inquiétudes à la fin du mois dernier.
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