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Un humoriste turc interdit de X pour s’être moqué d’Erdogan

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©armenews.com

En Turquie, une blague peut très mal finir. La plateforme X a bloqué l’accès, sur le territoire turc, aux vidéos du stand-upper Deniz Göktaş, dont un sketch moquant le président Recep Tayyip Erdogan est devenu viral ces derniers jours. L’humoriste y décrit le chef de l’État comme un « dictateur », estimant qu’il est passé d’un « dictateur timide » à un dirigeant « désormais en paix avec sa propre identité ».

Selon le média IntelliNews, qui a révélé l’affaire le 26 juin, le géoblocage est intervenu après la diffusion massive de ce spectacle, mis en ligne sur YouTube le 24 juin. En quelques jours, la vidéo a dépassé les 4 millions de vues, témoignant de l’écho rencontré par ce numéro dans une Turquie où la satire politique se fait de plus en plus rare.

L’interdiction a été signalée par EngelliWeb, un projet de l’Association turque pour la liberté d’expression, qui recense les contenus censurés sur Internet. D’après l’organisation, X a appliqué une décision des autorités turques fondée sur l’article 8/A de la loi n° 5651, le texte qui encadre la régulation d’Internet dans le pays.

Officiellement, la mesure vise à protéger « la sécurité nationale » et « l’ordre public ». Deux notions suffisamment larges pour justifier le blocage d’une multitude de contenus, qu’il s’agisse d’enquêtes sur la corruption, de publications de journalistes ou, désormais, de sketches humoristiques.

Cette législation est régulièrement dénoncée par les défenseurs des libertés numériques. Au fil des années, Ankara a multiplié les outils de contrôle du web : ralentissement volontaire des réseaux sociaux, restrictions publicitaires, blocages ciblés et, dans certains cas, coupures quasi totales de l’accès aux plateformes.

Deniz Göktaş s’est imposé comme l’une des figures montantes du stand-up turc. Son humour noir s’attaque aux difficultés économiques, aux institutions de l’État et au fonctionnement de la justice. Un registre qui lui vaut une large popularité, mais aussi une attention grandissante des autorités.

L’épisode illustre une nouvelle fois les relations complexes entre X et le pouvoir turc. Depuis son rachat par Elon Musk, la plateforme affirme défendre la liberté d’expression tout en se conformant, selon les pays, aux injonctions des autorités locales. En Turquie, cette ligne de crête conduit régulièrement à des blocages géographiques de contenus jugés sensibles.

 

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