Alors que les décharges de Gumri et Vanadzor continuent de dégager en permanence de la fumée, les projets de recyclage des déchets restent, eux, sur le papier.
L’entreprise ArmEcotech promet d’investir 9 millions de dollars et de résoudre, sur ses propres fonds et selon les normes européennes, le problème des déchets dans les deux villes. Mais, au-delà des accords de principe et des consultations publiques, le projet n’avance pas.
Le fondateur d’ArmEcotech, Mikhaïl Badine, affirme que son entreprise est prête à financer elle-même des équipements de pointe, la gestion des conteneurs à déchets et un traitement respectueux de l’environnement. « Nous voulons que les régions ne sachent même plus ce qu’est une décharge », déclare-t-il.
Selon le projet présenté, les déchets seraient transformés en engrais agricoles et 5 % des parts de l’entreprise reviendraient aux collectivités locales. En contrepartie, la société demande que le terrain destiné à l’usine lui soit cédé à titre de donation, afin de se prémunir contre d’éventuels changements de position des autorités. À défaut, les communes perdraient la participation de 5 % qui leur a été promise, explique le dirigeant.
À Vanadzor, l’entreprise affirme avoir obtenu des promesses verbales et une parcelle appartenant à la municipalité a même été identifiée en vue de sa future attribution pour la construction de l’usine de recyclage, selon Mikhaïl Badine.
À Gumri, le conseil municipal avait adopté, il y a déjà deux ans, une décision donnant son accord de principe au projet de construction d’une usine de recyclage. Pourtant, depuis deux ans, la question de l’attribution du terrain n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour des réunions du conseil.
Il y a encore quelques mois, les autorités municipales de Gumri affichaient d’ailleurs une position clairement défavorable au projet. Avant son incarcération en octobre dernier, le maire Vardan Ghukasyan avait déclaré lors d’une séance du conseil municipal que ce projet n’apporterait aucun bénéfice à la commune.
Son remplaçant, Avetis Arakelyan, avait pourtant annoncé, il y a un mois, lors d’une réunion du conseil, que la question du recyclage des déchets serait inscrite à l’ordre du jour de la séance suivante. Mais les documents de la réunion avortée le 25 juin ne comportaient toujours pas ce point.
À Vanadzor, une seule réunion du conseil municipal s’est tenue au cours de l’année écoulée, et la question n’y a pas non plus été examinée.
Pendant que les responsables politiques repoussent leurs décisions, les décharges des deux villes continuent d’être exploitées dans des conditions insalubres, à proximité immédiate des zones habitées. Les incendies récurrents qui s’y déclarent polluent régulièrement l’environnement.
Par ailleurs, les équipements de recyclage des déchets acquis il y a deux ans grâce à une subvention de l’Union européenne restent inutilisés dans les deux villes. Dans le même temps, de nouvelles propositions d’investissement sont bloquées en raison de longues procédures administratives.
Personne ne sait encore quand les autorités locales passeront des déclarations aux actes ni quand le projet de 9 millions de dollars sera enfin inscrit à l’ordre du jour des conseils municipaux. Les deux villes traversent actuellement une crise politique : Vanadzor se dirige vers une fusion administrative et probablement de nouvelles élections après cinq années d’administration provisoire, tandis qu’à Gumri, le parti au pouvoir, Contrat civique, évoque ouvertement un changement de pouvoir depuis les tribunes officielles.
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