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Conférence à Washington à l’initiative de Bakou : la question du « retour des Azerbaïdjanais de l’Ouest » débattue au Congrès américain

« Le droit au retour et à l’autodétermination des Azerbaïdjanais de l’Ouest », « le nettoyage ethnique des Azerbaïdjanais par l’Arménie » : tels sont quelques-uns des thèmes abordés lors d’une conférence internationale organisée hier dans le bâtiment du Congrès des États-Unis.

Bakou désigne sous le nom d’« Azerbaïdjan occidental » une partie du territoire souverain de la République d’Arménie.

Selon des sources azerbaïdjanaises, cette rencontre au Capitole était organisée par le Groupe d’initiative de Bakou, une structure créée il y a trois ans par les autorités azerbaïdjanaises. Financée par l’État, cette organisation s’était d’abord donnée pour mission de lutter contre le « colonialisme français », avant d’élargir progressivement son champ d’action en s’en prenant également aux autorités indiennes.

L’agence de presse officielle AzerTac indique que les participants à cette conférence internationale, intitulée « Le droit au retour et à l’autodétermination : deux poids, deux mesures et approches sélectives », ont également adressé une lettre aux membres du Congrès américain, les appelant à « défendre le droit des Azerbaïdjanais de l’Ouest à retourner, de manière sûre, volontaire et digne, sur leurs terres ancestrales ».

Les participants ont exprimé l’espoir que la communauté internationale soutiendra non seulement le droit au retour des Azerbaïdjanais, mais contribuera aussi à rétablir leurs droits de propriété et à protéger leur patrimoine culturel. Ils ont demandé aux parlementaires américains d’organiser des auditions, des séances d’information et des consultations consacrées à cette question.

Selon les médias d’État azerbaïdjanais, il s’agit de la première manifestation organisée au Congrès américain consacrée aux « nettoyages ethniques des Azerbaïdjanais par l’Arménie ».

Bakou veut inscrire cette question dans le processus de paix

Parallèlement à la réunion de Washington, une autre manifestation consacrée au même thème s’est tenue le même jour à Bakou.

À cette occasion, Aziz Alekberli, député du Milli Mejlis et président de la « Communauté de l’Azerbaïdjan occidental », est allé plus loin en affirmant que « la question du retour des Azerbaïdjanais de l’Ouest doit devenir un sujet à part entière du processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ».

En moins d’une semaine, un troisième événement consacré à cette question s’est également tenu au Nakhitchevan.

Lors de cette rencontre, le vice-président du Milli Mejlis a déclaré ouvertement que, dans le nouveau contexte régional, le président azerbaïdjanais avait fait de la question de « l’Azerbaïdjan occidental » une priorité de l’agenda national.

Pachinian : « Le discours sur l’Azerbaïdjan occidental est un reflet en miroir »

Les autorités arméniennes n’avaient pas réagi dans un premier temps à ces initiatives.

Interrogé aujourd’hui, Nikol Pachinian s’est contenté d’une brève déclaration, préférant établir un parallèle :

« On dit qu’une discussion sur ce sujet aura lieu au Sénat américain. Mais on passe sous silence le fait qu’il y a à peine une dizaine de jours, des organisations arméniennes ont elles aussi inscrit à l’ordre du jour une question qui, au fond, revient à poursuivre le mouvement du Karabakh. Tant que des drapeaux du Karabakh seront présents, par exemple, dans la salle de l’Assemblée nationale, tant que ce discours perdurera en Arménie, il y aura en miroir un discours similaire. »

Le Premier ministre n’a pas précisé à quelle initiative des organisations arméniennes il faisait référence.

Il faisait vraisemblablement allusion aux amendements législatifs proposés par six membres du Congrès américain, qui réclament non seulement la libération des prisonniers arméniens et une réduction de l’aide militaire accordée à l’Azerbaïdjan, mais évoquent également le droit au retour des Arméniens de l’Artsakh dans des conditions de sécurité. Cette initiative est soutenue par le Comité arménien de défense de la Cause arménienne des États-Unis (ANCA), l’une des organisations proches de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnaktsoutioun).

Durant la campagne électorale, Nikol Pachinian accusait déjà l’opposition « d’agir contre les intérêts de l’État arménien » en introduisant dans le débat politique intérieur « le faux sujet du retour de 300 000 Azerbaïdjanais ». Aujourd’hui, il a réaffirmé que les autorités prendraient toutes les mesures nécessaires pour empêcher toute tentative de poursuivre le mouvement du Karabakh.

Les drapeaux de l’Artsakh auxquels le Premier ministre faisait référence ont été installés au Parlement par les députés de l’opposition, tandis que la question du retour des Azerbaïdjanais est portée officiellement par des responsables politiques azerbaïdjanais et financée par l’État.

Bakou a d’ailleurs nettement intensifié cette campagne en faveur du « retour des Azerbaïdjanais de l’Ouest » à la suite des élections législatives arméniennes.

Qui participait à la conférence de Washington ?

La conférence organisée au Congrès américain a réuni des représentants de mouvements séparatistes de Nouvelle-Calédonie, territoire français aspirant à l’indépendance, des représentants du mouvement sikh en Inde, ainsi que des organisations issues de plusieurs îles des Caraïbes.

L’Azerbaïdjan a commencé à développer des relations avec ces organisations dès 2023 dans le cadre des activités du Groupe d’initiative de Bakou.

La France et l’Inde étant devenues, ces dernières années, d’importants fournisseurs d’armes à l’Arménie, Bakou n’a jamais caché son hostilité à l’égard de ces deux pays.

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