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La peine de prison d’un archevêque arménien est annulée

Une cour d’appel arménienne a annulé jeudi la peine de prison prononcée à l’encontre d’un archevêque connu pour ses prises de position tranchées, qui avait été arrêté il y a un an dans le cadre de la campagne controversée menée par le Premier ministre Nikol Pashinian pour évincer le catholicos Garegin II.
L’archevêque Mikael Ajapahian, basé à Gyumri, avait été placé en détention le lendemain du jour où Pashinian avait menacé d’expulser de force le chef suprême de l’Église apostolique arménienne de son siège d’Echmiadzin. Il avait été accusé d’avoir appelé au renversement violent du gouvernement arménien.
M. Ajapahian, qui dirige le diocèse de la province arménienne de Shirak, a rejeté cette accusation, la qualifiant de motivée par des considérations politiques, lors de son procès exceptionnellement rapide qui s’est achevé en octobre par une condamnation à deux ans de prison. Il a fait appel du verdict rendu par un tribunal de première instance d’Erevan. Le parquet a également interjeté appel, réclamant une peine légèrement plus longue pour ce critique virulent de M. Pashinian.
La cour d’appel a infirmé le verdict, a libéré Ajapahian de son assignation à résidence, mais s’est abstenue de l’acquitter formellement. Elle a donné raison aux avocats de la défense qui faisaient valoir qu’en vertu de la loi arménienne, il aurait dû être jugé par un tribunal de Gyumri. Il y fera donc l’objet d’un nouveau procès.
Ce religieux de 63 ans, qui avait été placé en résidence surveillée en février, a qualifié cette dernière décision d’« insuffisante », estimant qu’il aurait dû être entièrement innocenté des accusations « fabriquées de toutes pièces ». Mais l’un de ses avocats, Ara Zohrabian, l’a qualifiée de « courageuse ».
L’affaire contre Ajapahian repose sur une interview datant de juin 2025, dans laquelle il déplorait l’incapacité de l’armée arménienne à renverser Pashinian et ainsi à « sauver » l’Arménie et le Haut-Karabakh à la suite de la guerre de 2020 avec l’Azerbaïdjan. Le bureau du procureur général avait conclu que des propos similaires tenus par lui au cours des années précédentes ne justifiaient pas de poursuites pénales.
Les forces de sécurité se sont heurtées à une résistance farouche de la part de centaines de prêtres et de laïcs en colère lorsqu’elles ont fait irruption au Siège de l’Église à Echmiadzin le 27 juin 2025, dans une tentative infructueuse d’arrêter Ajapahian de manière ostentatoire sur place. Ce dernier s’est rendu aux enquêteurs plusieurs heures après cette descente sans précédent.
Deux jours plus tôt, les forces de l’ordre avaient arrêté l’archevêque Bagrat Galstanian et ses 15 partisans, accusés d’avoir comploté des « actes terroristes » dans le but de s’emparer du pouvoir. Alors que Pashinian intensifiait la pression sur Garegin, deux autres évêques ont été arrêtés en octobre et en décembre pour des chefs d’accusation distincts, qu’ils ont eux aussi rejetés comme étant motivés par des considérations politiques. Ils ont été placés en résidence surveillée au début de cette année.
À peu près à la même période, un service de police a mis en examen six autres évêques ainsi que Garegin lui-même, mais s’est abstenu de les arrêter. Le catholicos a clairement indiqué le 2 juin qu’il ne démissionnerait pas, même s’il venait à être arrêté après les élections législatives du 7 juin.

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