Selon Caucasian Knot, les proches et défenseurs d’Ali Karimli, président du Parti du Front populaire d’Azerbaïdjan (PFPA), s’inquiètent de la dégradation de ses conditions de détention et des risques qu’elles pourraient faire peser sur sa santé et sa sécurité.
Figure historique de l’opposition azerbaïdjanaise, Ali Karimli a été arrêté le 29 novembre 2025 avec son conseiller Mammad Ibrahim par les services de sécurité de l’État. Tous deux ont été inculpés au titre de l’article 278.1 du Code pénal azerbaïdjanais, qui réprime les actes visant à s’emparer du pouvoir par la force ou à modifier violemment l’ordre constitutionnel. L’opposant rejette ces accusations et dénonce une persécution politique.
Dans un communiqué publié le 23 juin, le Comité public pour la protection des droits d’Ali Karimli affirme que les restrictions imposées à l’opposant se sont multipliées ces dernières semaines. Son accès au téléphone et les visites familiales auraient notamment été limités.
Selon ses défenseurs, Ali Karimli a récemment été transféré dans une cellule de trois personnes dépourvue de télévision. L’un de ses codétenus souffrirait de troubles psychologiques se manifestant principalement durant la nuit. Le détenu réciterait à voix haute et de manière répétitive des prières et invocations religieuses, empêchant les autres occupants de dormir.
Le comité estime que cette situation contrevient aux règles de détention et considère ce transfert comme une tentative de « briser la volonté » du dirigeant de l’opposition. Ses soutiens dénoncent une stratégie visant à provoquer son épuisement physique et psychologique.
Les défenseurs de Karimli rappellent également que l’opposant avait récemment exprimé des inquiétudes pour sa sécurité dans une interview accordée à France 24. Il s’y présentait comme un « prisonnier d’opinion », poursuivi en raison de ses activités politiques contre le pouvoir du président Ilham Aliev. Évoquant le décès d’autres prisonniers politiques en détention, il affirmait craindre pour sa propre vie.
Interrogé par Caucasian Knot, un avocat de Bakou ayant requis l’anonymat a confirmé que les détenus souffrant de troubles psychologiques susceptibles d’affecter les autres prisonniers devraient être placés dans des unités spécialisées ou à l’isolement. Il a également rappelé que le règlement des centres de détention impose le respect du silence pendant les heures de repos.
Les auteurs du communiqué appellent les autorités azerbaïdjanaises à garantir des conditions de détention conformes aux normes sanitaires et à assurer la sécurité du dirigeant de l’opposition. Selon Caucasian Knot, le Service de sécurité d’État de l’Azerbaïdjan n’a pas répondu aux demandes de commentaires.
