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Daniel Ioannissian sera-t-il privé de son statut d’observateur électoral ?

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©armenews.com

La Commission électorale centrale examinera aujourd’hui une requête déposée par le parti Arménie éclairée, qui demande que le membre de la mission d’observation indépendante, Daniel Ioannissian, soit privé de son droit d’observer les élections. Le dirigeant du parti, Edmon Maroukian, l’accuse de manquer d’impartialité et de mener une campagne contre l’opposition.

Ces derniers jours, Ioannissian avait présenté Maroukian comme un « agent russe », en s’appuyant sur une publication du site russophone Khronika Kavkaza. Sans révéler ses sources, ce média affirmait que plusieurs forces politiques participant aux élections arméniennes, dont Arménie éclairée, entretenaient des liens avec Moscou.

Le média arménien Factor a toutefois indiqué que les documents publiés par Khronika Kavkaza ne contenaient aucune preuve tangible et que les auteurs mentionnés ne semblaient pas être des personnes réelles.

« Plus il devient évident que nous entrerons au Parlement, plus cette campagne de dénigrement s’intensifie », estime Edmon Maroukian.

Daniel Ioannissian a également exprimé publiquement des soupçons à l’égard d’Arman Tatoyan, candidat au poste de Premier ministre du mouvement « Ailes de l’Unité ». Cette fois, il s’appuyait sur une publication du site Dossier. Tatoyan rejette ces accusations et affirme être prêt à rendre publique la liste des donateurs de son mouvement si le parti au pouvoir fait de même.

« Personne ne nous a contactés pour vérifier ces informations avant de diffuser ces accusations mensongères », déclare Tatoyan.

Au cours des deux premières semaines de campagne, Tatoyan a publié deux enregistrements audio dans lesquels il affirme que le parti au pouvoir utilise les ressources administratives pour contraindre des citoyens à participer à ses rassemblements. Selon lui, ces révélations n’ont reçu aucune réponse adéquate, ni des autorités judiciaires ni de Daniel Ioannissian.

« Quand nous signalons un possible délit, ils se contentent de dire qu’un signalement a été déposé. Mais lorsqu’il s’agit d’un opposant, ils émettent immédiatement des jugements et des conclusions générales. Il n’y a pas d’égalité de traitement », affirme-t-il.

Ioannissian a également évoqué des liens supposés entre l’ancien maire d’Erevan, Hayk Maroutian, et les services russes, toujours en se référant à Khronika Kavkaza. Le site affirmait que l’équipe de Maroutian avait commandé un sondage sur la perception de ses affiches électorales. Or, les maquettes publiées comportaient déjà le numéro 5 attribué à son parti sur les bulletins de vote, alors que la répartition des numéros n’était pas encore connue à ce moment-là.

Hakob Karapetian, membre de la liste dirigée par Maroutian, juge ces accusations peu crédibles. Il explique avoir rencontré Ioannissian pour lui exposer les faits, après quoi ce dernier aurait reconnu publiquement s’être trompé. Selon Karapetian, aucune autre formation politique n’a bénéficié d’un tel rectificatif.

Pour sa part, Daniel Ioannissian affirme que certaines forces politiques auraient reçu « des millions de dollars » de la Russie. Il indique que l’organisation « Observateur indépendant » examine actuellement ces informations et envisage de déposer des signalements auprès des autorités.

Face aux critiques, Ioannissian répond qu’une fuite d’informations n’a pas nécessairement besoin de provenir d’un média reconnu pour être prise en considération. Il souligne que les accusations formulées par l’opposition contre le parti au pouvoir, dirigé par Nikol Pachinian, reposent elles aussi parfois sur des sources d’origine inconnue.

La Commission électorale centrale dispose désormais de cinq jours pour décider si Daniel Ioannissian conservera ou non son accréditation d’observateur électoral.

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