Les pays membres de l’Union économique eurasiatique (UEEA) ne peuvent pas exclure l’Arménie de l’organisation, a affirmé le ministre arménien des Affaires étrangères Ararat Mirzoyan dans un entretien accordé à Azatutyun. Selon lui, aucune sortie de l’UEEA n’est actuellement pas envisagée par Erevan.
Le chef de la diplomatie arménienne a déclaré ne pas comprendre les propos du vice-Premier ministre russe Alexeï Overchouk, qui avait annoncé que la question du « statut de l’Arménie » au sein de l’UEEA serait discutée lors du sommet prévu à Astana à la fin du mois.
Interrogé sur une éventuelle remise en cause de l’adhésion arménienne, Mirzoyan a rappelé que le statut de l’Arménie au sein de l’organisation était « clair » et qu’aucune disposition des statuts de l’UEEA ne permettait aux États membres d’exclure un autre pays.
« L’Arménie est un membre à part entière de l’UEEA. Si un jour nous décidons nous-mêmes de quitter l’organisation, ce sera une autre question. Mais aujourd’hui, ce sujet ne figure pas à notre agenda », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur le fait que tous les États membres disposent des mêmes droits au sein de l’organisation et qu’aucun mécanisme d’exclusion n’est prévu par les traités.
En revanche, les pays membres peuvent imposer des restrictions commerciales ou des contrôles supplémentaires sur certaines importations. Dans un contexte de tensions entre Erevan et Moscou, des entrepreneurs et transporteurs arméniens dénoncent régulièrement des difficultés d’exportation vers la Russie. Vladimir Poutine avait lui-même rappelé récemment que Moscou fournissait du gaz à bas prix à l’Arménie.
Les pressions russes se sont accentuées après deux sommets organisés à Erevan en mai avec des responsables européens de haut niveau, dont l’un auquel participait également le président ukrainien. Moscou reproche à l’Arménie de vouloir simultanément se rapprocher de l’Union européenne tout en profitant des avantages économiques de l’UEEA.
« On ne peut pas être assis sur deux chaises à la fois », répètent les responsables russes, appelant Erevan à faire un choix rapide entre les standards européens et l’intégration eurasiatique.
Malgré ces pressions, les autorités arméniennes maintiennent leur ligne : elles ne comptent pas quitter l’UEEA mais souhaitent continuer à approfondir leurs relations avec l’Union européenne.
Le Premier ministre Nikol Pachinian a de son côté assuré entretenir des relations « amicales » avec le président russe Vladimir Poutine et a affirmé que l’Arménie n’avait jamais agi contre les intérêts de la Russie. Il a également précisé qu’aucune mesure brusque ne serait prise dans les relations entre les deux pays.
Enfin, alors que des interrogations persistent sur la participation arménienne au sommet d’Astana, Ararat Mirzoyan a indiqué ne pas penser que Nikol Pachinian modifierait sa décision de ne pas s’y rendre. Le Premier ministre, actuellement en congé de campagne électorale, a annoncé que le vice-Premier ministre Mher Grigoryan représenterait l’Arménie lors du sommet de l’UEEA.
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