L’Arménien originaire d’Artsakh Arthur Osipian fait désormais face à trois chefs d’accusation après avoir interpellé Nikol Pachinian lors d’un déplacement de campagne à Arabkir. Selon son avocat, Roman Yeritsyan, il lui est notamment reproché d’avoir parlé au Premier ministre sur un ton élevé.
Le tribunal examine actuellement la demande des enquêteurs visant à placer Osipian en détention provisoire pour une durée de deux mois.
Lors d’un événement électoral organisé par Nikol Pachinian, Arthur Osipian s’était approché du Premier ministre pour lui poser une question au sujet du Haut-Karabakh. La scène avait rapidement dégénéré en échange tendu, marqué par des insultes et des cris. Quelques heures plus tard, il était arrêté par la police.
Le Comité d’enquête a ensuite qualifié son comportement de « hooliganisme », « entrave à une campagne électorale » et « appel public à la violence ».
Son avocat conteste fermement ces accusations et affirme que l’affaire repose uniquement sur cet échange avec le chef du gouvernement. Selon lui, Arthur Osipian n’a ni insulté ni menacé Nikol Pachinian et c’est au contraire le Premier ministre qui aurait perdu son calme.
Roman Yeritsyan rapporte que son client avait simplement demandé à Pachinian de parler plus calmement, ce à quoi ce dernier aurait répondu : « Je ne parlerai pas plus doucement, c’est sur ce ton-là que je vais te parler », avant de lui lancer : « Pourquoi n’es-tu pas mort pendant la guerre ? »
L’avocat rappelle qu’Arthur Osipian est un ancien combattant du conflit.
Avant l’incident, Osipian avait publié un message sur Facebook dans lequel il écrivait chercher Nikol Pachinian pour « lui faire voler ses plumes ». Cette publication avait ensuite été montrée au Premier ministre par le président de l’Assemblée nationale.
Dans le même temps, les autorités judiciaires sont accusées de ne pas enquêter sur les propos récents de Nikol Pachinian, qui a multiplié ces derniers jours les insultes et menaces visant ses opposants politiques.
L’avocat estime que les déclarations du Premier ministre relèvent d’un discours de haine, notamment envers les Arméniens d’Artsakh.
Plusieurs organisations de la société civile arménienne, dont le Yerevan Press Club et différentes associations de défense des droits humains, ont publié aujourd’hui un communiqué dénonçant une procédure « manifestement illégale, infondée et politiquement motivée ».
Elles réclament la libération immédiate d’Arthur Osipian et l’abandon des poursuites, dénonçant une « justice sélective » protégeant exclusivement les représentants du pouvoir en place.
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