Narek, neveu et bras droit du chef de l’opposition Samvel Karapetian, a fermement démenti mercredi 20 mai les allégations de la police selon lesquelles il aurait caché sa double nationalité russe aux autorités afin de pouvoir se présenter aux prochaines élections législatives en Arménie.
La Constitution arménienne interdit aux personnes ayant la double nationalité, qui n’ont pas résidé dans le pays au cours des quatre dernières années, d’occuper des postes gouvernementaux de haut niveau ou des sièges à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi Samvel Karapetian, qui vit principalement en Russie depuis le début des années 1990, ne figure pas sur la liste des candidats de son bloc « Arménie forte ».
La liste est menée par Narek Karapetian. Son oncle étant toujours assigné à résidence, c’est lui qui dirige également les rassemblements électoraux organisés à l’échelle nationale par le bloc, largement considéré comme le principal rival électoral du parti au pouvoir, Contrat civil. S’appuyant sur des informations fournies par la police arménienne, la Commission d’enquête a déclaré qu’il avait « délibérément dissimulé » sa citoyenneté russe à la Commission électorale centrale.
Alen Simonian, président du Parlement et membre éminent de Contrat civil, a été le premier à formuler une telle allégation mardi soir. Simonian a publié sur Facebook un document prétendument issu d’un registre national russe des entreprises qui désigne Narek Kirakosian comme ressortissant russe. Le document ne précise pas son numéro de passeport ni d’autres données personnelles.
Karapetian Jr. s’est empressé de nier posséder un passeport russe. « J’ai probablement passé moins de temps en Russie qu’en Angleterre ou en Suisse », a-t-il déclaré aux journalistes.
Sans nier l’authenticité du document, il a insisté sur le fait que la mention de sa double nationalité était le résultat d’une « erreur ». Il a indiqué avoir déjà demandé à l’ambassade de Russie en Arménie de le certifier. Il a également menacé de poursuivre le Comité d’enquête s’il ne réfutait pas ces « fausses informations » dans les 24 heures.
Mercredi soir, on ignorait encore si les forces de l’ordre avaient officiellement inculpé Karapetian ou l’avaient convoqué pour un interrogatoire. Le ministère arménien de l’Intérieur n’a pas non plus précisé s’il avait demandé à la CEC de le retirer de la liste électorale. De plus, les deux instances ont refusé d’indiquer si elles allaient demander aux autorités russes de confirmer ou d’infirmer la nationalité de Karapetian.
Le gouvernement arménien avait auparavant alimenté les spéculations sur une éventuelle disqualification de l’ensemble du bloc d’opposition après avoir demandé à l’Union européenne d’envoyer une « équipe hybride d’intervention rapide » en Arménie pour les élections. Une mission similaire de l’UE avait été déployée en Moldavie avant les élections législatives qui s’y sont tenues en septembre dernier. Deux partis d’opposition moldaves jugés pro-russes avaient été exclus du scrutin remporté par les dirigeants pro-occidentaux de cette ancienne république soviétique.
Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé en mars que l’UE se préparait à reproduire « le scénario moldave » en Arménie. Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Erevan contre une telle démarche lors de sa rencontre avec le Premier ministre Nikol Pachinian à Moscou le 1er avril.
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