L’Iran a chargé le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, de gérer les relations avec la Chine, une initiative qualifiée d’étape importante pour renforcer les liens avec le partenaire stratégique le plus important de Téhéran, a déclaré l’universitaire iranien Mohammad Marandi lors d’une interview accordée à Danny Haiphong, de Dialogue Works, le 17 mai.
M. Marandi, professeur à l’université de Téhéran, a expliqué que cet effort diplomatique visait à réparer les liens endommagés par ce qu’il a qualifié de « virage vers l’Occident » opéré par M. Rohani au moment de l’accord sur le nucléaire de 2015. Cette nouvelle nomination, a-t-il ajouté, avait pour but de faire évoluer la relation, désormais irréparable, vers une phase d’expansion, notamment en matière d’investissements chinois, de coopération universitaire et de collaboration dans le domaine des hautes technologies.
L’universitaire a déclaré que le dossier chinois était trop exigeant pour que le président puisse le gérer directement, compte tenu des pressions liées à la gestion du pays dans un contexte d’après-conflit, mais qu’il ne nécessitait pas pour autant la création d’un bureau dédié à plein temps. Il a ajouté que ce poste nécessitait une personnalité ayant l’envergure nécessaire pour traiter directement avec le président et obtenir des décisions.
M. Marandi a établi un lien entre le moment choisi pour cette nomination et ce qu’il a qualifié d’échec de la récente visite du président américain Donald Trump à Pékin, arguant que le président chinois Xi Jinping n’avait donné aucune indication de sa volonté de se ranger aux côtés de Washington contre l’Iran.
Ces commentaires faisaient suite à un message de M. Ghalibaf dans lequel le président de l’Assemblée avait déclaré que le monde se trouvait à l’aube d’un nouvel ordre, citant les remarques de Xi Jinping sur la transformation mondiale et affirmant que la « résistance de 70 jours » de l’Iran pendant le conflit avait accéléré ce changement.
La Chine reste le premier partenaire commercial de l’Iran et un acheteur clé de son pétrole brut, les deux pays ayant signé un accord de coopération de 25 ans en 2021. Pékin a également joué un rôle de médiateur dans le rétablissement des relations diplomatiques entre l’Iran et l’Arabie saoudite en 2023.
L’universitaire a ajouté que les revendications des Émirats arabes unis seraient considérées par Téhéran comme un acte d’agression, notamment les informations selon lesquelles les États-Unis auraient conseillé aux Émirats arabes unis d’envahir une île iranienne appelée Lavan dans le golfe Persique.
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