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« L’Arménie doit être prête à l’ouverture de la frontière avec la Turquie » : les représentants de LHK à Margara

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©armenews.com

La frontière arméno-turque n’est pas les portes de la Jérusalem céleste, mais l’Arménie doit être prête à son ouverture, a déclaré samedi depuis la localité frontalière de Margara le chef du parti « Arménie lumineuse » (LHK), Edmond Maroukian.

« Aucune force n’a préparé l’Arménie, ne la prépare actuellement et ne dispose de projets ou de plans pour nous préparer à l’ouverture de cette frontière, dont nous affirmons pourtant qu’elle finira tôt ou tard par s’ouvrir. Mais nous n’accepterons aucune concession humiliante supplémentaire pour obtenir cette ouverture », a déclaré Maroukian.

C’est précisément à Margara que se trouve le poste-frontière terrestre qui, bien qu’entièrement rénové et prêt à fonctionner, attend toujours que la partie turque ouvre son propre poste d’Alican. Pourtant, Erevan et Ankara étaient déjà parvenus en 2022 à un accord pour ouvrir « dans les plus brefs délais » la frontière aux ressortissants de pays tiers — il y a maintenant quatre ans.

Le dirigeant de LHK a observé que, bien que la partie arménienne ait tout fait pour permettre cette ouverture, la normalisation des relations avec la Turquie reste conditionnée par le processus arméno-azerbaïdjanais.

« Les exigences de l’Azerbaïdjan ne cessent de croître, les conditions s’ajoutent sans arrêt, et cette frontière ne s’ouvre toujours pas », a déclaré Maroukian.

« On nous fait porter la responsabilité, comme si la frontière allait s’ouvrir si nous nous comportions sagement. Mais la frontière ne s’ouvre pas parce qu’on reste sages, Monsieur Maroukian, il faut l’expliquer aux gens », a ajouté Karpis Pachoyan, candidat député du parti.

Pourtant, deux jours plus tôt, le ministre arménien des Affaires étrangères avait affirmé que le dialogue arméno-turc était devenu suffisamment mûr pour permettre, à tout moment, une normalisation complète, assortie d’importants bénéfices économiques.

« Mais tant qu’il subsistera divers obstacles — qu’ils soient techniques, politiques, liés à la position de l’Azerbaïdjan ou à toute autre raison —, même si la normalisation n’est pas complète, il reste réjouissant de voir qu’entre-temps de nombreuses autres étapes sont franchies, des pièces qui viennent progressivement compléter le grand puzzle », avait déclaré Ararat Mirzoyan.

Le chef de la diplomatie arménienne avait également exprimé sa conviction que « la frontière finirait un jour prochain par s’ouvrir », évoquant aussi le lancement des échanges commerciaux bilatéraux.

La veille, il avait également été annoncé qu’Erevan et Ankara avaient achevé les préparatifs nécessaires au lancement du commerce direct. L’envoyé spécial arménien Ruben Rubinian avait assuré que des échanges commerciaux directs entre l’Arménie et la Turquie, sans réenregistrement douanier intermédiaire, étaient désormais techniquement possibles. Reste à savoir si ces déclarations se concrétiseront.

Entre-temps, Karpis Pachoyan, membre de la liste électorale de « Arménie lumineuse », estime que l’importance des relations arméno-turques est surestimée. Selon lui, l’ouverture de la frontière pouvait constituer un levier de négociation tant que l’Artsakh et les sept districts environnants étaient sous contrôle arménien. À l’époque, la condition fixée par Ankara était l’Artsakh ; aujourd’hui, la Turquie formule de nouvelles exigences.

« À l’époque, les Turcs disaient : “rendez quatre villages et nous ouvrirons la frontière”. Maintenant, nous avons tout donné, nous avons donné tout l’Artsakh, alors pourquoi ne l’ouvrent-ils pas ? Parce que la brillante pensée politique arménienne retombe encore dans les mêmes pièges et refuse de comprendre que les relations arméno-turques dépendent des relations arméno-azerbaïdjanaises. Nous croyons pouvoir introduire un coin entre deux États turciques et que la Turquie, en tant que grand frère, placera l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur un pied d’égalité. Cela ne fonctionne pas ainsi », a souligné Pachoyan.

Il juge inutile de donner à cette question une dimension géopolitique et d’opposer les relations arméno-turques aux relations arméno-russes.

« Il ne faut attendre ni envol économique ni souveraineté politique de cette ouverture. Et, plus généralement, je reste convaincu que nous ne devons pas conditionner notre souveraineté aux relations entre acteurs géopolitiques. Notre petit nez ne doit pas se mêler des relations russo-turques, parce que rien d’autre qu’une catastrophe ne peut nous y attendre », affirme-t-il.

Si le parti entre au Parlement, « Arménie lumineuse » promet de proposer une initiative législative qui, selon Edmond Maroukian, « protégera les citoyens arméniens, notamment les habitants de la région frontalière d’Armavir, ainsi que l’économie du pays, le marché immobilier, les titres financiers et les infrastructures stratégiques ».

Maroukian a rappelé que les citoyens arméniens faisaient face à des restrictions pour acquérir des biens immobiliers en Turquie ; selon lui, des limitations identiques devraient s’appliquer aux citoyens turcs en Arménie.

Les représentants de « Arménie lumineuse », autrefois alliés de Nikol Pachinian, soulignent qu’ils sont favorables à l’ouverture de la frontière, mais pas « au détriment de la dignité des Arméniens ».

« Nous voulons une normalisation des relations de l’Arménie, mais nous ne pouvons pas, en même temps, mettre en danger nos infrastructures stratégiques et nos institutions. Voilà pourquoi il est essentiel que nos entrepreneurs, nos agriculteurs, les propriétaires de serres, les hommes d’affaires — notamment dans cette région — soient protégés », a insisté Maroukian.

La frontière arméno-turque est fermée depuis le début des années 1990. Début mai, l’envoyé spécial turc Serdar Kılıç, en visite à Erevan, avait refusé d’indiquer quand Ankara envisageait d’ouvrir la frontière avec l’Arménie.

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