Votre publicité ici

(Pendant 7 jours)

Après les affaires de violences sexuelles sur des sœurs mineures, la tension ne retombe pas à Vedi

par

©armenews.com

Doukhik Marjanian, habitante de Vedi et voisine de l’oncle paternel des fillettes victimes de violences, a été convoquée hier au département local du Comité d’enquête. Selon elle, les forces de l’ordre n’ont pas apprécié qu’elle critique publiquement leur inaction.

« Si vous voyiez l’état de ces enfants, vous ne pourriez probablement pas manger pendant un mois. Je les ai vus grandir sous mes yeux, ce sont des proches pour moi. Alors je ne devrais pas me battre, ne pas parler ? Je demande justice. Dois-je aller m’adresser à Trump ? Cela fait trois mois que l’école a signalé cette affaire au tribunal, pourquoi ne trouvez-vous pas de solution ? », a-t-elle déclaré.

La femme a tenté d’expliquer aux enquêteurs la gravité de la pédocriminalité, l’état psychologique des enfants et le fait que tout cela aurait pu être évité si les autorités avaient fait leur travail à temps.

« Ces enfants sont sans défense. J’ai aidé cette famille avec de la nourriture, des vêtements. Je suis traumatisée par leur état. Ils m’ont demandé un témoignage, mais j’ai refusé. Si je témoigne, demain ils retourneront tout contre moi et contre les enfants. Les enfants ont été emmenés pour être interrogés, mais comment voulez-vous qu’un enfant parle lorsqu’on le place face à un prédateur ? »

Pendant des mois, les hommes accusés d’avoir agressé sexuellement les jeunes filles sont restés libres et auraient continué les violences. Pourtant, il y a deux jours, ce sont les forces de l’ordre qui ont arrêté leur oncle paternel, considéré jusqu’ici comme leur seul protecteur, les parents des enfants souffrant de graves problèmes de santé.

« C’est un garçon bien élevé, intelligent, qui n’a jamais fait de mal à personne », affirme une voisine à propos de l’oncle.

Le 26 avril, l’oncle des enfants, Tovmas Tovmasyan, avait poignardé l’un des suspects présumés, David Aynazyan. Ce dernier n’a été placé en détention qu’hier. Deux jours auparavant, un incident aurait également opposé l’épouse de Tovmasyan à un policier. Le commissariat de Vedi avait convoqué les enfants pour un interrogatoire, mais les proches refusaient qu’ils s’y rendent sans avocat.

L’épouse de Tovmasyan raconte avoir entendu son mari au téléphone : « J’ai entendu : “Tu insultes la mère de qui ?” Puis quelqu’un lui a répondu quelque chose et mon mari a dit : “Alors donne-moi ton adresse, je viens.” »

Elle affirme qu’une altercation a ensuite éclaté et accuse le policier d’avoir insulté son mari. « Si les autorités avaient fait correctement leur travail dès le départ, rien de tout cela ne serait arrivé », estime-t-elle.

Tovmas Tovmasyan est désormais détenu, soupçonné d’avoir frappé un policier. Son placement en détention devait être examiné devant le tribunal de Massis. Son avocat, Ruben Melikyan, décrit une scène particulièrement tendue : l’homme aurait croisé les deux suspects aux côtés du policier avec lequel il était en conflit. « Imaginez dans quel état quelqu’un peut être en voyant ces deux individus à un ou deux mètres de lui », déclare-t-il.

Les deux suspects principaux, David Aynazyan, 65 ans, et Arthur Yeremyan, 58 ans, ont finalement été placés en détention le 7 mai. Les responsables de la police et des organes d’enquête de la région d’Ararat et de Vedi ont été limogés. Le procureur régional a lui-même présenté sa démission.

Mais à Vedi, la colère demeure. Beaucoup s’interrogent : si ces responsables ont été renvoyés pour négligence ayant permis la poursuite des violences, pourquoi ne sont-ils pas poursuivis pénalement ?

Une autre question concerne un troisième homme soupçonné d’être impliqué dans l’affaire. Il reste libre, bien que des enseignants affirment avoir reconnu sa voix dans un message vocal adressé à une élève de 15 ans.

« Nous avons vu ces enregistrements et immédiatement appelé la police ainsi que l’administration régionale », explique Alvard Papoyan, directrice d’une école de Vedi.

Dans le message vocal, le nom de David Aynazyan était également mentionné.

L’une des victimes fréquente cette école, tandis que l’autre est élève dans un lycée. En février, les enseignants avaient déjà repéré des messages suspects. Puis, en avril, ils auraient vu Arthur Yeremyan — aujourd’hui détenu — forcer l’aînée à monter dans sa voiture.

« La directrice du lycée lui a parlé. Au début, la jeune fille disait que tout allait bien, mais ensuite elle est revenue très effrayée et a expliqué que des choses très graves s’étaient produites », raconte Papoyan.

L’école a transmis les alertes à la police ainsi qu’aux parents. La principale préoccupation de la directrice reste aujourd’hui encore l’état des enfants, absents de l’école depuis plus d’une semaine.

« Elle était très déprimée et tendue. Sa grand-mère nous a dit qu’elle n’avait pas mangé depuis deux jours. Ils envisageaient même de lui donner des vitamines pour compenser le manque de nourriture. Finalement, nous avons réussi à la convaincre de manger ce jour-là, et nous étions très heureux », raconte la directrice.

Des psychologues et assistants pédagogiques rendent régulièrement visite à la famille. Mais celle-ci se sent toujours en danger et déplace constamment les enfants d’un endroit à un autre.

Hier, le président du Comité d’enquête évoquait des mesures de protection, sans préciser qui en bénéficiait réellement.

« La grand-mère m’a dit : “Nous avons déplacé les enfants ailleurs.” Cela m’a profondément attristée. Les enfants devraient revenir à l’école, d’autant plus que nous avions promis de garantir un soutien moral et psychologique. Tout le personnel les entoure d’attention et de chaleur humaine, et cela doit continuer », souligne la directrice.

En discussion avec l’administration régionale d’Ararat, l’école se dit prête à mettre en place un enseignement à distance. Mais Alvard Papoyan reste convaincue qu’il serait préférable que les enfants reviennent en classe afin de sortir de cet environnement oppressant et retrouver un cadre bienveillant.

Reprinted with permission from RFE/RL Copyright(c)2007 Radio Free Europe / Radio Liberty, Inc.1201 Connecticut Ave, t N.W. Washington DC 20

 

 

Nos lecteurs ont lu aussi