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Un patrimoine de 11 milliards de drams et des revenus « dérisoires » : polémique autour de l’Union des aveugles

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©armenews.com

Un groupe de membres de l’Union des aveugles réclame l’intervention des autorités judiciaires afin de reprendre le contrôle d’un patrimoine qui leur avait été attribué à l’époque soviétique.

Ils affirment ne tirer aucun bénéfice des 52 bâtiments appartenant à l’organisation, estimés à 11 milliards de drams, et dénoncent un détournement des revenus vers des intérêts privés.

« 90 % des biens sont loués à des prix bien inférieurs au marché. Les locataires prennent ces biens et les sous-louent directement. C’est là que sont générés les revenus, qui échappent au budget de notre union », explique Armenak Khatchatrian.

Selon lui, la direction de l’organisation a loué 90 % du patrimoine à des tarifs très bas. L’étude d’environ 170 transactions révèle un schéma récurrent : des locaux rentables à Erevan sont loués à bas prix à des intermédiaires, qui les sous-louent ensuite en réalisant des profits bien supérieurs — au détriment des membres de l’Union.

« L’actuelle présidente, en 2018, a loué pour 20 ans un espace de 800 m² dans un bâtiment administratif à environ 2 000 drams le mètre carré. Cette locataire le sous-loue ensuite entre 8 000 et 9 000 drams », souligne Armenak Khatchatrian.

Lui et ses soutiens demandent la révision des contrats de location conclus à bas prix et pour de longues durées — 20, 30 voire 40 ans — et la signature de nouveaux accords aux prix du marché.

D’après les contrats, dans un secteur très fréquenté de l’avenue Komitas, les loyers s’élèvent en moyenne à 2 000 drams le mètre carré, soit environ sept fois moins que les prix du marché dans cette zone.

Alors que les membres s’interrogent sur les raisons pour lesquelles l’Union elle-même ne bénéficie pas de ces revenus, le président de l’organisation rétorque que « les anciens dirigeants sont responsables » et que les contrats actuels sont hérités du passé.

Le président de l’Union, Rafik Khatchatrian, reconnaît que les loyers sont faibles. Il précise toutefois que les biens concernés sont souvent en mauvais état et que ce sont les locataires qui les rénovent.

Bagrat Makarian, membre de la direction, affirme pour sa part que le nouveau président ne prend pas en compte leurs remarques et poursuit les pratiques antérieures.

Si Rafik Khatchatrian nie toute corruption, ses détracteurs soulignent notamment le cas d’un bâtiment situé près de la station de métro « Yeritasardakan » à Erevan, dont le deuxième étage a été loué pour 20 ans à environ 3 000 drams le mètre carré.

Le président justifie ce choix en expliquant que personne n’était prêt à louer le bien pour une courte durée et que son mauvais état avait découragé plus de 100 candidats potentiels.

Armenak Khatchatrian et ses alliés ont saisi le parquet pour signaler une infraction. Toutefois, les enquêteurs et le procureur n’ont pas estimé qu’il y avait matière à ouvrir une procédure.

Les membres de l’Union, eux, dénoncent la situation et ont désormais saisi la justice afin de récupérer les revenus qui leur sont dus et reprendre possession de leurs biens. L’affaire est actuellement en cours d’examen devant les tribunaux.

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