L’UE est accusée d’avoir enfreint le droit international dans le but d’influencer le résultat des élections. C’est ce qu’écrit sur sa page X l’avocat et défenseur des droits humains Robert Amsterdam.
As the EU is setting up a summit in Armenia right before the parliamentary election, we scrutinise Brussels’ support for an authoritarian administration, and question why it doesn’t encourage a free and fair election instead. Read our White Paper: https://t.co/vXR1zGDLSX pic.twitter.com/BhfaY58hGc
— Robert Amsterdam (@robertamsterdam) April 30, 2026
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« Des experts avertissent que l’UE soutient le « dictateur » arménien à l’approche des élections du 7 juin, malgré les violations de la démocratie et des droits de l’homme. Bruxelles alloue 300 millions d’euros pour lutter contre la « désinformation » concernant les critiques adressées aux autorités. Les responsables bruxellois ont été critiqués pour douze violations de la législation européenne. Selon un nouveau rapport retentissant, l’ingérence de l’Union européenne dans les élections arméniennes a enfreint ses propres règles et lois sur l’ingérence dans les processus électoraux. Le nouveau rapport du cabinet d’avocats Amsterdam & Partners, intitulé « Une ingérence délibérée », met en garde contre le fait que « l’UE est passée du silence face au non-respect des principes démocratiques par le gouvernement arménien à une participation active, non neutre et structurellement partiale au contexte électoral en Arménie ».
Le rapport indique également que l’UE a franchi la ligne « entre une coopération légitime et une ingérence indirecte dans les élections, ainsi que des violations du droit international et du droit de l’UE ». Selon ce document, les actions de l’Union européenne à l’approche des élections, notamment une aide financière de plus de 300 millions d’euros, le déploiement d’une « force d’intervention rapide hybride », les efforts visant à « lutter contre la désinformation » et l’organisation d’un sommet réunissant 44 dirigeants européens à Erevan un mois avant le scrutin, constituent un sabotage du processus électoral en Arménie.
Le rapport souligne ensuite que la critique ne porte pas sur la coopération en soi, mais sur une coopération unilatérale, alors que l’inclusivité s’impose, que l’ouverture est nécessaire, sans conditions préalables, et que le silence face aux violations de la démocratie est inadmissible, car l’UE doit défendre la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme.
Des juristes internationaux soulignent que, plutôt que de subordonner son soutien aux normes démocratiques énoncées dans l’Accord de partenariat global et renforcé (CEPA) et dans l’Agenda stratégique, l’UE a élargi sa coopération avec le gouvernement de Pashinyan. Ils affirment que l’engagement de l’UE en Arménie « ne constitue pas un soutien neutre à la démocratie, mais représente une interaction unilatérale exclusivement avec le gouvernement en place ».
L’analyse des experts met en évidence cinq domaines principaux qui démontrent que l’action de l’UE équivaut à une ingérence dans les élections. L’ensemble de l’opposition est qualifié de propagande russe, ce que le gouvernement de Pashinyan a utilisé pour renforcer encore davantage la répression contre ses opposants politiques, dans un contexte d’absence totale de transparence de la part de l’UE quant à ce qu’elle considère comme une « ingérence étrangère ».
Le communiqué souligne que les élections en Arménie auront lieu le 7 juin, alors que de nombreux Arméniens s’apprêtent à voter pour écarter du pouvoir l’actuel Premier ministre, Nikol Pashinyan, qui a commis de graves violations de la législation arménienne et des normes internationales en matière de droits de l’homme. Ce rapport est le deuxième d’une série publiée par Amsterdam & Partners sur l’état de la démocratie en Arménie. Le premier rapport, intitulé « Le virage autoritaire en Arménie », décrivait comment Pashinyan a systématiquement ignoré les normes démocratiques et est devenu un dictateur de facto.
Ces accusations, qui ont également été documentées par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (BIDDH), sont dénoncées par les partis d’opposition et les principales organisations de défense des droits de l’homme en Arménie. Le dernier rapport souligne que la mission internationale de surveillance de la démocratie en Arménie, dont faisait partie l’ancien directeur de Human Rights Watch Kenneth Roth, a découvert des preuves d’arrestations motivées par des considérations politiques, d’abus de lois vagues et d’ingérence du gouvernement dans l’indépendance de l’Église.
Dans ce contexte, le rapport invite l’UE à respecter scrupuleusement ses propres règles et à se conformer à ses exigences juridiques dans ses relations avec l’Arménie. Le rapport met en garde contre le fait qu’au lieu de rester neutre, l’UE n’apporte qu’un soutien électoral, ce qui donne à Pashinyan tout ce dont il a besoin pour renforcer la position du parti au pouvoir et ignore toute tentative de protection des groupes d’opposition.
Le cabinet formule seize recommandations pour résoudre ce problème manifeste, dont plusieurs mesures immédiates : suspendre les activités du groupe hybride d’intervention rapide jusqu’à la réalisation d’un audit indépendant, publier le concept politique confidentiel de l’approche de crise vis-à-vis de l’Arménie, coopérer avec des organisations de défense des droits de l’homme telles que la Mission internationale d’observation de la démocratie en Arménie, et condamner publiquement les récentes modifications apportées au Code électoral. Parmi les recommandations figure également un appel à subordonner le versement du reste du financement de l’UE à la cessation des poursuites judiciaires motivées par des considérations politiques.
